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Mali : au sixième jour de la bataille d'Anéfis, Africa Corps revendique la reprise de la ville, le FLA maintient le siège du camp


Quelques heures après avoir publié un bilan aérien détaillé et un échange de communiqués sur une reddition contestée, les belligérants d'Anéfis ont franchi une nouvelle étape rhétorique mercredi et jeudi : Africa Corps affirme désormais avoir repris le contrôle du centre-ville, quand le FLA maintient de son côté que le camp adverse reste assiégé et sous le feu de ses forces.


Le 8 juillet, jour où le siège entrait dans son sixième jour, Africa Corps a multiplié les publications à caractère intimidant sur ses canaux, affirmant avoir éliminé plusieurs groupes de combattants du FLA dissimulés dans la végétation autour d'Anéfis, à l'aide de frappes de drones. Le groupe paramilitaire russe décrit des combattants abandonnés par leurs chefs, des véhicules détruits et des pick-up neutralisés, et diffuse des images présentées comme des corps et du matériel jonchant les abords de la ville. Une publication datée du même jour va plus loin que les revendications précédentes : elle affirme que le centre-ville d'Anéfis, que le FLA disait avoir « pris » lors du déclenchement des combats le 4 juillet, ne serait en réalité qu'un amas de ruines et de véhicules détruits, illustrée par une vidéo de soldats maliens filmés dans le centre-ville aux côtés de combattants d'Africa Corps. Plusieurs messages ciblent nommément Alghabass Ag Intalla, dirigeant de l'Azawad, présenté comme responsable de pertes qu'il aurait refusé de partager sur le terrain, et enjoignent les combattants restants à fuir la zone.


Cette revendication de reprise du centre-ville marque une inflexion par rapport au discours tenu jusqu'ici par Bamako et Africa Corps, qui décrivaient plutôt une garnison retranchée dans son camp et soumise à la pression de la coalition JNIM-FLA, sans revendiquer le contrôle de la localité elle-même.


Plusieurs images accompagnent ces publications. L'une montre deux combattants armés, visage masqué, posant en tenue de combat au centre d'une localité présentée comme Anéfis, à proximité d'un mât et de bâtiments aux toits de tôle — une mise en scène destinée à appuyer la revendication de présence au cœur de la ville. Une autre séquence, de moindre qualité, montre des militaires maliens brandissant le drapeau national dans un décor similaire, présentée comme une scène de célébration après la défense de la localité. Plusieurs extraits de vidéos thermiques, marqués des logos d'Africa Corps et des FAMa, montrent par ailleurs des frappes de drones sur des zones de végétation en périphérie d'Anéfis, sans qu'il soit possible d'identifier avec certitude les cibles effectivement touchées. D'autres photographies montrent du matériel présenté comme abandonné par des combattants du FLA en fuite : une motocyclette chargée de bagages et un lance-roquettes posé au sol à proximité, un pick-up calciné équipé d'un mortier retrouvé contre un mur en ruine, ainsi qu'un second véhicule couvert de poussière et chargé d'affaires personnelles, avec des couvertures et sacs déposés au sol. Aucune de ces attributions n'a pu être vérifiée de manière indépendante.


Une image satellitaire relayée séparément par Al Jazeera, dont la légende indique que des « images satellite révèlent les traces d'attaques contre une base militaire au Mali », montre une emprise fortifiée entourée d'un mur d'enceinte, avec de nombreux véhicules et abris légers regroupés à l'intérieur et un point d'impact visible près du centre du site. Émanant d'un média non partie prenante au conflit, cette publication constitue l'un des rares éléments visuels dont la source n'est pas directement engagée dans la bataille de communication entre Bamako, Africa Corps et le FLA — sans pour autant permettre, à elle seule, de confirmer qui contrôle la localité.


Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a répondu jeudi en maintenant la version opposée : selon lui, des images satellitaires confirmeraient l'ampleur de frappes menées par ses forces contre le camp d'Anéfis, toujours occupé selon lui par des militaires maliens et des combattants d'Africa Corps, avec des dégâts considérables infligés aux infrastructures et positions adverses. Dans un message adressé directement à Africa Corps, il affirme que des combattants seraient en train d'infliger une défaite humiliante aux forces retranchées dans le camp, et promet de nouvelles preuves visuelles de sa présence sur le terrain, en référence à la prise de Tinzawatène par la coalition en 2023.


Ce nouvel épisode illustre la persistance d'un désaccord total sur l'élément le plus basique du conflit — qui contrôle Anéfis — près d'une semaine après le début des combats. Aucune des affirmations avancées de part et d'autre, qu'il s'agisse de la reprise du centre-ville ou du maintien du siège, n'a pu être vérifiée à ce stade de source indépendante.


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