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Mali : comment le secteur minier finance les infrastructures

Le Mali a mobilisé 109 milliards de FCFA depuis 2025 pour financer routes, barrages et réseaux électriques via un fonds alimenté par les recettes minières, l'un des cinq mécanismes créés par le Code minier de 2023.



Le ministre d'État chargé de l'Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, a présidé le 31 juillet 2026 la première réunion du Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines, selon un communiqué du gouvernement malien.


Ce fonds est alimenté depuis le 1er janvier 2025 par les titulaires de permis d'exploitation minière, à hauteur de 1 % de leur chiffre d'affaires trimestriel (2,5 % après cinq ans) et de 10 % de la redevance ad valorem. Son organisation a été fixée par le décret n°2025-0182/PT-RM du 11 mars 2025, conformément à l'article 98 du Code minier de 2023.


Entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026, les contributions ont atteint 109,142 milliards de francs CFA, dont 57,751 milliards pour l'année 2025 et 51,391 milliards pour le premier semestre 2026. Le gouvernement vise un objectif de 500 milliards de FCFA au total. Le ministre des Mines, Amadou Keïta, et la ministre des Infrastructures et des Transports, Madina Sissoko Dembélé, ont présenté plusieurs projets candidats à ce financement : chemin de fer, projets routiers, acquisition de bateaux, soutien à la compagnie Mali Airlines SA.


Le Code minier de 2023 a créé quatre autres fonds sectoriels, également organisés par décret le 11 mars 2025 : le Fonds minier de développement local (0,75 % du chiffre d'affaires trimestriel), qui a déjà mis plus de 18 milliards de FCFA à la disposition des collectivités selon le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Tiémoko Traoré ; le Fonds de financement de la promotion du secteur minier ; le Fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites miniers artisanaux (50 % de la redevance forfaitaire des exploitants artisanaux) ; et le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement de capacités et de la formation (0,50 % du chiffre d'affaires trimestriel).


Selon le Rapport ITIE 2024, produit par le cabinet Pyramis Audit et Conseil et diffusé lors d'un atelier le 17 juin 2026, le secteur extractif a généré 1 023 milliards de FCFA de revenus en 2024, dont 978,29 milliards encaissés par le Trésor public, soit 40,93 % des recettes et dons de l'État cette année-là. Le secteur a représenté 78,8 % des exportations maliennes et 9,5 % du PIB en 2024, contre 13,2 % en 2020, pour 1,6 % de l'emploi national.


En 2025, le Mali a perçu 888,5 milliards de FCFA de recettes issues de l'or, en hausse de 6,4 % sur un an, alors que la production nationale a chuté de 23 % en volume. Cette baisse de production est liée à l'arrêt, dès janvier 2025, de la mine de Loulo-Gounkoto, 35 % de la production nationale, exploitée par le groupe canadien Barrick, à la suite d'un différend fiscal avec l'État. Un accord a été annoncé en décembre 2025, avec une reprise complète des opérations attendue au premier trimestre 2026.


Le 1er décembre 2025, la Commission de négociation et de renégociation avec les sociétés minières a remis son rapport final au président de la Transition, le général Assimi Goïta, faisant état d'un recouvrement de 761 milliards de FCFA auprès des compagnies minières, contre un objectif initial de 400 milliards. Selon la commission, l'assujettissement de l'ensemble des sociétés au Code minier de 2023 doit générer un supplément récurrent de 585,7 milliards de FCFA par an, sur la base des sociétés déjà auditées.


Sur le plan budgétaire, la Direction générale des impôts a versé 1 403,16 milliards de FCFA au Trésor public en 2025, atteignant 101 % de son objectif. Le Mali s'était engagé, dans le cadre d'un programme avec le Fonds monétaire international, à respecter un plancher de recettes fiscales hors paiements exceptionnels du secteur minier de 2 077 milliards de FCFA à fin 2025.

L'exploitation minière de l'or est suspendue chaque année du 15 juin au 30 septembre sur l'ensemble du territoire malien, pour des raisons de sécurité des travailleurs et de protection de l'environnement.


Le Mali a adopté un nouveau Code minier le 29 août 2023, portant la participation de l'État dans les nouveaux projets miniers de 20 % à 30 %. Cette réforme a été à l'origine de plusieurs différends fiscaux avec des groupes miniers internationaux, dont Barrick Gold et Resolute Mining.


i-sahel

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