top of page

Niger-ZIMAR : le pari d'une raffinerie de 100 000 barils/jour à Dosso


Deux jours seulement après le lancement du forage du puits « Kafra Sud-Est 1 » à Agadez, en partenariat avec l'Algérie, le Niger a franchi ce samedi 15 août 2026 une nouvelle étape dans la structuration de son secteur pétrolier. Le pays a signé une convention avec le groupe ZIMAR High Tech, ouvrant la voie à la construction d'une raffinerie et d'un complexe pétrochimique à Dosso.



Deux annonces, à quarante-huit heures d'intervalle, qui dessinent une même dynamique : celle d'un Niger qui veut désormais maîtriser toute la chaîne pétrolière, de l'exploration jusqu'à la transformation.


À travers cette signature et l'échange de documents qui la matérialisent, les deux parties donnent une suite favorable au mémorandum d'entente signé en octobre 2024.


Le ministre des Affaires étrangères, président du comité chargé des négociations dans le domaine du pétrole, Bakary Yaou Sangaré, est revenu en détail sur les spécificités du projet : « La convention soumise à signature entre la République du Niger et le groupe ZIMAR porte sur la conception, le financement, la construction, l'exploitation et le transfert d'une raffinerie conventionnelle d'une capacité de 100 000 barils/jour ainsi que d'un complexe pétrochimique à Dosso. Ce projet s'inscrit dans la continuité du protocole d'accord (MOU) signé en octobre 2024, à partir duquel les échanges ont été engagés avec le consortium composé du groupe Zimar, société de droit nigérien, et de High Tech, société américaine, jusqu'à l'aboutissement de la convention de partenariat public-privé de type BOT soumise à signature ce jour. »


Le montage retenu est celui d'un partenariat public-privé de type BOT (Build, Operate and Transfer, construire, exploiter, transférer) : le partenaire assure le financement, la construction et l'exploitation de l'ouvrage pendant la durée convenue, avant son transfert à l'État. Le coût estimatif du projet est évalué à 1,9 milliard de dollars américains. La convention entre en vigueur dès sa signature, pour une durée totale de 16 ans, comprenant 3 ans de construction et 13 ans d'exploitation.


Des jalons stricts ont été fixés pour sécuriser l'exécution : le partenaire dispose d'un délai de 4 mois pour mobiliser le financement et produire l'ingénierie détaillée, le bouclage financier devant intervenir dans un délai de 12 mois. « Ces jalons permettront au comité de suivi de la mise en œuvre de cette convention de piloter l'exécution effective des engagements du partenaire et de s'assurer que le projet avance dans un cadre clair, sécurisé et conforme aux intérêts nationaux », a précisé le ministre.


Saluant les deux années de négociations ayant abouti à cette signature, Bakary Yaou Sangaré a souligné la portée stratégique du projet : « La signature de ce jour marque une étape importante, elle traduit la volonté du Niger de diversifier ses partenaires, de transformer davantage ses ressources sur son territoire, de renforcer ses capacités industrielles, de créer de la valeur ajoutée et d'ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour notre pays. » Il a formulé le vœu que la mise en œuvre de la convention se fasse « dans le strict respect des engagements pris par les partenaires et dans l'intérêt supérieur de la République du Niger ».


De son côté, le président-directeur général du groupe ZIMAR, Benjamin Day, a exprimé sa gratitude envers les autorités nigériennes pour la confiance renouvelée et l'esprit patriotique ayant guidé les discussions. Il s'est engagé à construire une raffinerie moderne conforme aux normes internationales et à développer les infrastructures connexes, notamment pipelines et plateformes industrielles associées.


Le groupe s'est également engagé à créer des emplois pour la jeunesse nigérienne, à assurer un transfert de compétences et de connaissances, et à contribuer à la stabilité de l'approvisionnement en produits pétroliers, à un prix maîtrisé, au bénéfice des populations nigériennes.


Deux signaux, une même trajectoire. Pris ensemble, le lancement du forage de Kafra et la signature de la convention ZIMAR illustrent l'ambition affichée par Niamey de bâtir une filière pétrolière intégrée : explorer de nouvelles réserves au nord, comme à Kafra, tout en se dotant, avec la future raffinerie de Dosso, de la capacité de transformer localement le pétrole déjà extrait dans le bassin d'Agadem. Une stratégie qui, si elle se concrétise dans les délais annoncés, positionnerait le Niger comme un acteur pétrolier plus autonome dans la région.


i-sahel

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Instagram
  • Facebook
  • Nous suivre sur Twitter
  • LinkedIn
  • YouTube
  • TikTok
bottom of page