Mali : frappes, embuscades et EEI — ce que revendiquent les belligérants (fin juillet-début août 2026)
- Infos du Sahel

- 4 août
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Entre le 25 juillet et le 3 août 2026, les FAMa, les forces paramilitaires russes de l'Africa Corps et le groupe jihadiste JNIM ont chacun revendiqué des opérations militaires dans plusieurs régions du centre et du nord du Mali. Aucun de ces bilans n'a pu être vérifié par une source indépendante.
Les Forces armées maliennes (FAMa), les forces paramilitaires russes de l'Africa Corps et le groupe jihadiste JNIM ont chacun revendiqué, entre le 25 juillet et le 3 août 2026, des opérations militaires dans plusieurs régions du centre et du nord du Mali. Ces bilans n'ont pas été confirmés par une source indépendante.
FAMa. Dans une série de communiqués diffusés entre le 31 juillet et le 3 août, l'État-Major général des Armées annonce la poursuite de « l'opération Dougoukoloko ». Il revendique des frappes contre des points de regroupement près de Bandiagara et Kouakourou, ainsi que deux frappes près de Doro le 31 juillet, bilan annoncé : deux véhicules armés détruits. Le 1er août, l'armée dit avoir détruit un site à Sandaré, présenté comme abritant du matériel de la coalition JNIM/FLA, et neutralisé des individus à Mégou, cercle de Mopti.
Les 1er et 2 août, elle annonce des frappes à Kouakourou et Tessalit, la destruction d'un site combinant regroupement armé et matériel minier, ainsi que des frappes à Kidal dont les effets restent, selon elle, en cours d'évaluation. Le 3 août, elle revendique la destruction d'un véhicule logistique près de Tombouctou et le ciblage d'une base dans la forêt de Fina, secteur de Soribougou. Aucun bilan chiffré de pertes n'est fourni dans ces communiqués.
Africa Corps. Des publications diffusées sur les réseaux sociaux entre le 29 juillet et le 3 août, de cette structure paramilitaire russe déployée en appui aux autorités maliennes, revendiquent une frappe aérienne contre un rassemblement en région de Koulikoro ; un accrochage le 29 juillet près de Mourdiah contre un groupe estimé à une trentaine de combattants, bilan revendiqué : dix morts et du matériel saisi ; l'élimination d'un groupe accusé d'extorsion sous couvert de « zakat » en région de Ségou ; la découverte de corps de civils et de bétail après l'explosion d'un engin explosif improvisé sur l'axe Madina-Mourdiah, imputée à la coalition JNIM/FLA ; et une frappe aérienne contre un camp en région de Mopti.
JNIM. Le groupe, affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique a diffusé via son média Az-Zallaqa plusieurs bilans. Le 26 juillet, il revendique des engins explosifs contre un convoi malo-russe entre Hombori et Gossi, région de Mopti. Le 27 juillet, il affirme avoir pris la base de Kouakourou et détruit un hélicoptère ainsi qu'un camion militaire russe sur l'axe Djenné-Kouakourou.
Le 28 juillet, il revendique un EEI contre un véhicule malo-russe entre Tonka et Niafunké, région de Tombouctou, bilan annoncé : trois morts, quatre blessés. Le 29 juillet, il dit avoir frappé une patrouille russe près de Hadj Wéré, au nord de Niono, région de Ségou. Le 2 août, il revendique la prise de deux positions de milices « Donzo » à Kobri et au village de Dansan, région de Mopti.
Deux autres déclarations, datées du 30 juillet et du 2 août, font état de la prise d'une position de milice à Koulidougou Kora, au sud de Niono, d'une embuscade près de Bénia, région de Mopti, et d'un EEI contre un blindé malien entre Tingara et Bourem, région de Gao.
Ce que cette séquence prolonge : Tabrichat et la coordination FLA-JNIM
Cette accumulation de revendications ne survient pas dans un vide. Elle s'inscrit dans la continuité directe de deux développements majeurs survenus les jours précédents, documentés par i-sahel, qui éclairent la nature de l'adversaire visé par les FAMa et l'Africa Corps dans leurs communiqués de fin juillet-début août.
Le premier concerne une qualification judiciaire grave. Amnesty International a établi, sur la base de l'analyse de douze vidéos, que l'exécution sommaire d'au moins 19 soldats maliens à Tabrichat, le 18 juillet 2026, doit faire l'objet d'une enquête pour crimes de guerre. Les images montrent des soldats se rendant, mains derrière la tête, puis exécutés après avoir été maltraités, des faits qualifiés par l'organisation de violation grave de l'article 3 commun aux Conventions de Genève.
Ce précédent, survenu moins de deux semaines avant les frappes revendiquées par les FAMa dans des secteurs voisins (Tombouctou, Kidal, Tessalit), inscrit les opérations recensées ci-dessus dans un rapport de force où de graves allégations de crimes de guerre pèsent déjà sur les groupes armés visés.
Le second concerne l'évolution de l'alliance FLA-JNIM elle-même. L'embuscade de Tabrichat a été revendiquée séparément par le FLA et le JNIM, mais dans des termes qui se font écho : le FLA y évoque une « coordination opérationnelle précise et rigoureuse » avec une unité du JNIM. Selon i-sahel, cette communication assumée marque une évolution par rapport à la prise de Kidal, le 25 avril 2026, première fois où les deux mouvements avaient revendiqué conjointement, noir sur blanc, agir « en partenariat », et à la bataille d'Anéfis début juillet, où leur communication était restée plus séparée.
Autrement dit, les revendications distinctes mais parallèles observées cette semaine entre le JNIM (bilans Az-Zallaqa) et, plus indirectement, le FLA, s'inscrivent dans une dynamique de coordination croissante entre les deux mouvements depuis avril, et non dans un rapprochement ponctuel. Cette convergence a également été relevée par les autorités maliennes elles-mêmes, qui ont mis sur un pied d'égalité financière les chefs des deux mouvements dans leur liste de personnes recherchées publiée le 4 juin.
En miroir de cette pression, i-sahel a rapporté que l'État-major malien a procédé, le 30 juillet à Sévaré, à la remise de drones Akinci à l'Armée de l'air, un choix de localisation présenté par l'armée comme lié au fait que le centre du Mali, et Sévaré en particulier, constitue historiquement l'épicentre opérationnel du JNIM, dont la Katiba Macina, née dans cette zone en 2015, structure encore aujourd'hui l'essentiel de l'implantation du groupe sur le seul territoire malien.
Le Mali affronte depuis 2012 une insurrection jihadiste étendue du nord vers le centre puis le sud du pays. Depuis la rupture du partenariat militaire avec la France en 2022, Bamako s'appuie sur une coopération sécuritaire avec la Russie, d'abord via la société Wagner puis via l'Africa Corps, rattachée au ministère russe de la Défense.
i-sahel




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