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Mali : sept jours de combats à Anéfis — retour sur une semaine de bataille jusqu'à l'aveu d'échec du FLA




Le porte-parole du Front de libération de l'Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a reconnu vendredi matin, pour la première fois depuis le début des combats, que l'objectif de prendre le contrôle d'Anéfis n'avait pas été atteint.


Cette déclaration, qui marque un tournant dans la communication du mouvement après une semaine de versions inconciliables entre Bamako, Africa Corps et le FLA, offre l'occasion de revenir sur l'ensemble d'une bataille dont le récit n'a cessé de diverger selon les acteurs.


« Un objectif qui n'a pas été atteint », mais des « acquis » revendiqués


Dans son message du 10 juillet, Mohamed Elmaouloud Ramadane affirme que les combattants du FLA ont démontré leur capacité à tenir leurs positions et à conserver l'initiative face à une coalition qu'il décrit comme regroupant les forces russes, l'armée malienne et des milices. Il reconnaît que l'objectif militaire fixé — la prise de contrôle d'Anéfis — n'a pas été atteint au cours de cette phase des opérations, tout en affirmant que cet échec ne remet pas en cause les acquis obtenus sur le terrain, l'adversaire ayant selon lui été contraint de payer un prix élevé, en hommes comme en matériel. Il présente ce résultat comme une étape dans un conflit plus large, avant de conclure par une prière pour ses combattants, blessés et tués.


Le même jour, Bamako revendique la sécurisation de l'axe Gao-Anéfis


Cette reconnaissance du FLA intervient le jour même où l'État-major général des Armées maliennes publie, dans un communiqué daté du 10 juillet, une version qui vient directement contredire l'un des points les plus disputés de la semaine : le sort des convois de renfort partis de Gao.


Selon ce communiqué, un important convoi logistique en provenance de Gao serait arrivé à Anéfis dans la nuit du 9 juillet, les actions aéroterrestres engagées ayant permis, selon l'État-major, de sécuriser l'itinéraire et l'entrée dans la localité, malgré plusieurs accrochages et embuscades menés par les groupes armés du JNIM, du FLA et de leurs affiliés, qui auraient notamment eu recours à des drones kamikazes. Le texte affirme en outre que les FAMa avaient, quarante-huit heures plus tôt, « nettoyé » les positions stratégiques tenues par les groupes armés à Anéfis, rétablissant selon lui les conditions nécessaires à la progression du dispositif. Le bilan provisoire avancé pour les dernières vingt-quatre heures sur l'ensemble des théâtres fait état de 15 frappes aériennes menées à Anéfis, Tabrichat (Gao) et Koulébala (Sévaré), de 12 véhicules de combat détruits et de près d'une centaine de combattants neutralisés.


Cette annonce tranche avec les versions successives du FLA au cours de la semaine, qui avait affirmé avoir mis en échec plusieurs tentatives de secours, dont un convoi de plus de cinquante véhicules ainsi qu'un second parti de Gao le 7 juillet. Elle n'a pu, à ce stade, être vérifiée de source indépendante — au même titre que l'ensemble des bilans chiffrés diffusés par les trois parties depuis le 4 juillet.


Samedi 4 juillet : le déclenchement


Tout commence au petit matin du 4 juillet, avec une vague d'attaques quasi simultanées visant les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Aguelhok, Anéfis, Gao, Sévaré et Kénieroba — cinq localités dispersées sur un vaste territoire, de la proche banlieue de Bamako jusqu'à l'extrême nord du pays. Le FLA annonce le « lancement de l'offensive pour la libération d'Anéfis », affirmant quelques heures plus tard progresser à l'intérieur de la ville pour y réduire des « poches de résistance » de combattants russes. L'État-major malien affirme au contraire que la situation est « totalement sous contrôle », avançant un bilan d'une vingtaine d'assaillants neutralisés à Sévaré et six à Gao, pour un mort et quatre blessés dans ses rangs.


Africa Corps affirme avoir repoussé l'assaut « avec succès » sur l'ensemble des fronts. Le JNIM, allié du FLA lors de la reprise de Kidal en avril, revendique séparément une série d'attaques dans le centre du pays, sans mentionner Anéfis — un silence qui ne s'est jamais démenti depuis.


Ce même jour, Africa Corps annonce avoir éliminé deux figures présentées comme des cadres du JNIM et du FLA : Abderrahmane Zaza et Mbareck Ag Akli. Le FLA dément aussitôt la mort de ce dernier, sans qu'aucune des deux versions ne puisse être confirmée de façon indépendante.


Dimanche 5 juillet : premières accusations sur les renforts


Le lendemain, le FLA affirme qu'Anéfis reste entièrement encerclée, que les combattants d'Africa Corps et les militaires maliens demeurent retranchés dans leur camp, et qu'un hélicoptère venu au secours d'un convoi de renfort parti de Gao a été abattu — ce convoi étant, selon le mouvement, en pleine retraite après avoir abandonné plusieurs véhicules et blindés détruits.


Lundi-mardi 6-7 juillet : escalade des bilans et première accusation contre des civils


L'État-major malien affirme avoir repris l'initiative sur l'ensemble des localités visées, tout en reconnaissant une reprise des affrontements à Anéfis liée à l'arrivée de renforts adverses. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, le FLA accuse pour la première fois les forces maliennes et russes d'avoir visé des civils à Talahandak — une accusation restée à ce jour sans confirmation ni commentaire de Bamako.


Le 7 juillet, l'État-major malien publie un bilan aérien détaillé revendiquant 35 frappes, cinq blindés, une vingtaine de pick-up et une centaine de motos détruits, ainsi que plus de 200 combattants neutralisés. Africa Corps revendique la reddition de trois combattants du FLA — version que le porte-parole du mouvement rejette aussitôt, évoquant des militaires maliens abattus en tentant de déserter. Le FLA annonce qu'un nouveau convoi de renfort a quitté Gao pour tenter de secourir la garnison encerclée.


Mercredi-jeudi 8-9 juillet : Africa Corps revendique la reprise du centre-ville


Le 8 juillet, Africa Corps affirme pour la première fois avoir repris le contrôle du centre-ville d'Anéfis — que le FLA disait pourtant avoir « pris » dès le 4 juillet. Une image satellite relayée par Al Jazeera, seule source de cette séquence non partie prenante au conflit, montre une emprise fortifiée avec un point d'impact visible, sans permettre de trancher la question du contrôle de la localité.


Le 9 juillet, l'État-major malien revendique treize frappes aériennes dans les zones d'Anéfis et de Tabrachat, tandis qu'Africa Corps affirme avoir blessé Iyad Ag Ghali, chef historique du JNIM, et revendique la destruction de cinquante pick-up et l'élimination de plus de trois cents combattants en une heure de combat. Fait notable de cette journée : le GATIA et le MSA, groupes d'autodéfense touaregs proches de Bamako, confirment eux-mêmes — vidéo à l'appui pour le MSA — leur participation aux combats aux côtés des FAMa et d'Africa Corps, une première sur ce front.


Vendredi 10 juillet : aveu du FLA et convoi sécurisé, deux annonces le même jour


C'est dans ce contexte que le 10 juillet voit se succéder deux annonces majeures et difficilement conciliables : la reconnaissance par le FLA de l'échec de son objectif de prise d'Anéfis, et l'annonce par Bamako de l'arrivée sécurisée d'un convoi logistique dans la localité, présentée comme la validation du nettoyage préalable des positions adverses.


Ce que ce récapitulatif ne permet pas de conclure


Sept jours après le déclenchement des combats, aucun des bilans chiffrés avancés par les trois parties — pertes en hommes, en matériel, redditions, cadres éliminés, contrôle effectif de la ville, sort des convois — n'a pu être vérifié de source indépendante. Seuls deux éléments ont été confirmés directement par les acteurs concernés eux-mêmes : l'implication du GATIA et du MSA aux côtés d'Africa Corps, et la reconnaissance par le FLA de la non-atteinte de son objectif à Anéfis. Le silence du JNIM sur cette bataille, alors qu'il avait combattu aux côtés du FLA lors de la reprise de Kidal en avril, demeure à ce jour inexpliqué.


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