Mali : à Anéfis, une nouvelle nuit de frappes revendiquées
- Infos du Sahel

- 7 juil.
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Quatre jours après le début des combats autour d'Anéfis, dans la région de Kidal, l'État-major malien, Africa Corps et le FLA continuent de livrer des versions inconciliables de la situation. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, Bamako a revendiqué de nouvelles frappes aériennes ayant détruit plusieurs véhicules, tandis que le FLA affirme toujours tenir le siège de la ville et accuse, pour la première fois, les forces maliennes et russes d'avoir visé des civils à Talahandak.

Ce qu'il faut retenir dans la nuit du 6 au 7 juillet
L'État-major général des armées maliennes a diffusé, dans la nuit de lundi à mardi, deux nouveaux communiqués accompagnés de vidéos sur les opérations menées dans le secteur d'Anéfis.
Le premier fait état d'opérations de recherche, de surveillance et de neutralisation conduites le 6 juillet : un groupe armé terroriste aurait été repéré et neutralisé à environ 8 km à l'est de la localité, un pick-up immobilisé et un véhicule camouflé sous un arbre détruit. Le second évoque une série de frappes aériennes de précision contre plusieurs objectifs positionnés aux abords et au centre de la ville, avec un bilan provisoire de deux véhicules blindés et trois pick-up détruits, ainsi que la neutralisation de « plusieurs terroristes du JNIM et du FLA ». L'État-major affirme que les opérations se poursuivent et appelle les populations à maintenir leur soutien aux forces engagées.
Africa Corps a de son côté publié sur ses réseaux une vidéo montrant un pick-up en flammes et des corps présentés comme ceux de combattants du FLA à Anéfis, revendiquant la poursuite de la « destruction de main-d'œuvre et de matériel » adverses, ainsi qu'une frappe de drone ayant détruit un pick-up transportant, selon elle, des munitions.
Le FLA, par la voix de son porte-parole Mohamed Elmaouloud Ramadane, maintient à l'inverse que les militaires maliens et les combattants d'Africa Corps restent retranchés dans leur camp à Anéfis, la ville demeurant encerclée par ses forces. Le mouvement revendique des frappes ciblées contre le camp — notamment contre son réseau de télécommunications et contre une pièce d'artillerie qu'il identifie comme un obusier — présentées comme visant à dégrader les capacités de commandement et de logistique adverses.
Fait notable, le porte-parole accuse par ailleurs les forces maliennes et russes de s'être attaquées à des civils, après l'échec selon lui de leur tentative de briser le siège, citant des tirs contre des boutiques et des habitations à Talahandak, qu'il dit comparables à des faits déjà survenus à Zarho. Cette accusation, à ce stade, n'a été ni confirmée ni commentée par Bamako ou Africa Corps.
Ces éléments confirment que, quatre jours après le début des combats, les versions des trois principaux acteurs restent inconciliables sur l'essentiel : qui contrôle réellement Anéfis, l'ampleur des pertes de part et d'autre, et la question, nouvelle, d'éventuelles exactions contre des civils.
Samedi 4 juillet. Une vague d'attaques quasi simultanées vise les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Aguelhok, Anéfis, Gao, Sévaré et Kénieroba, selon l'État-major général des armées. Le Front de libération de l'Azawad (FLA) annonce le lancement d'une « offensive pour la libération d'Anéfis », tandis qu'Africa Corps affirme avoir repoussé l'assaut « avec succès ». Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) revendique séparément une série d'attaques dans le centre du pays, sans mentionner Anéfis.
Dimanche 5 juillet. Africa Corps annonce avoir éliminé, lors des combats à Anéfis, deux figures présentées comme des cadres du JNIM et du FLA : Abderrahmane Zaza, décrit comme commandant militaire du JNIM pour la région de Kidal, et Mbareck Ag Akli, présenté comme premier adjoint du chef d'état-major du FLA — mort démentie par le FLA. Ce dernier affirme déjà, à cette date, qu'Anéfis reste encerclée, qu'un hélicoptère venu au secours d'un convoi de renfort parti de Gao a été abattu, et que ce convoi se trouvait en pleine retraite après un affrontement, ayant abandonné plusieurs véhicules et blindés détruits. Le FLA évoque aussi l'échec, la veille au soir, d'une tentative d'atterrissage de quatre hélicoptères destinés à évacuer des blessés et à acheminer munitions et eau.
Lundi 6 juillet. L'État-major général des armées affirme que la « riposte aéroterrestre coordonnée » du 4 juillet a permis aux FAMa de reprendre l'initiative dans l'ensemble des localités visées, tout en reconnaissant une reprise des affrontements dimanche matin à Anéfis, liée à l'arrivée de renforts adverses. Le même jour, Africa Corps diffuse des images de vision thermique présentées comme des frappes de drones FPV dans la zone d'Anéfis et dans une localité voisine identifiée comme Mimosa, avec la destruction revendiquée d'un véhicule blindé et d'une camionnette équipée d'un mortier.
Des récits qui ne se recoupent pas
Aucune de ces informations — bilans chiffrés, pertes matérielles, éliminations annoncées, contrôle effectif de la ville, accusations de ciblage de civils, contenu des vidéos diffusées — n'a pu, à ce stade, être confirmée par une source indépendante des parties au conflit.
I-Sahel continuera de suivre l'évolution de la situation.




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