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Moussala-Kédougou : 15 km de files, symptôme d'un corridor Dakar-Bamako sous tension

D'un engorgement de 15 km à Kédougou à un trafic en chute libre à Kidira, en passant par des exportations sénégalaises qui s'étaient effondrées avant de rebondir : la mission du Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC) a passé une semaine à mesurer, tronçon par tronçon, l'ampleur des tensions qui pèsent sur le corridor Dakar-Bamako.




Le corridor Dakar-Bamako, artère vitale pour l'approvisionnement du Mali, traverse depuis plusieurs mois une période de fortes turbulences.


C'est dans ce contexte que le Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC) a engagé une mission conjointe d'évaluation de l'acheminement des marchandises sur l'axe, avec un objectif clair : identifier les contraintes qui pèsent sur la circulation des marchandises et dégager des pistes d'amélioration durables.


Kédougou : le symptôme le plus visible de la pression sur le corridor


Après une réunion de cadrage tenue à Dakar, la mission est entrée dans sa phase opérationnelle le 11 août à Kédougou, où elle a pu mesurer de visu l'ampleur de la pression logistique qui s'exerce sur l'axe. La réorientation massive du trafic routier vers la voie Kédougou–Saraya–Moussala, dans le sud-est, a transformé la zone en un véritable nœud d'engorgement, avec des files d'attente pouvant s'étendre sur une quinzaine de kilomètres.


Reçue par la Gouverneure de la région, le Préfet de Saraya et la direction de la police aux frontières, la délégation a entendu un même constat de la part des autorités locales : la situation dépasse les capacités de la seule administration. Sur le terrain, les chauffeurs eux-mêmes décrivent une situation intenable, faute de commodités autour des zones d'attente, une pression qui pèse à la fois sur la compétitivité du corridor et sur la sécurité des transporteurs.


Tambacounda et Kidira : la pression se déplace, elle ne disparaît pas


Loin de se relâcher, la tension a simplement changé de forme dans les étapes suivantes. À Tambacounda, toujours dans le sud, la mission a dû composer avec la nécessité d'anticiper les effets d'une reprise progressive du trafic, signe que la situation sur le corridor reste instable d'un tronçon à l'autre.


À Kidira, dans l'est, c'est l'inverse qui a frappé la délégation : une baisse drastique du trafic, symptôme d'un axe dont les flux se contractent par endroits alors qu'ils s'engorgent ailleurs.


Cette instabilité, observée sur quatre étapes en quelques jours, illustre à elle seule la fragilité structurelle du corridor : un axe où la pression ne se loge jamais au même endroit, obligeant les opérateurs comme les autorités à s'adapter en continu.


Une pression qui se lit aussi dans les chiffres du commerce


Cette tournée de terrain intervient alors que les statistiques commerciales confirment, chiffres à l'appui, la fragilité de l'axe.


Selon les données de l'ANSD relayées début août par i-sahel, les exportations sénégalaises vers le Mali s'étaient effondrées en mai 2026, avant de rebondir de 73 % en juin pour atteindre 70,8 milliards de FCFA, un à-coup brutal qui traduit la vulnérabilité du corridor aux chocs successifs.


Le Mali reste par ailleurs sous la pression du Conseil malien des Chargeurs, qui exige depuis le 5 août le retour des conteneurs vides avant le 31 août, dans un contexte de raréfaction du matériel logistique disponible aux ports de transit.


i-sahel

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