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Niamey : de la mutinerie à l'assaut de la base 101, chronologie d'une journée de crise


Une mutinerie déclenchée dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey a donné lieu à plusieurs heures de combats autour de la base aérienne 101, avant un retour progressif au calme en fin de journée. Des militaires ont été arrêtés et le Corps africain russe a apporté son soutien aux forces nigériennes, selon Moscou.


00h20 : début de la mutinerie



Journaliste de la RTN en train de lire le communiqué du ministère de la Défense
Journaliste de la RTN en train de lire le communiqué du ministère de la Défense

Selon le communiqué du ministère nigérien de la Défense, les événements ont commencé vers 00h20, lorsqu’un groupe de militaires « en rupture avec le règlement militaire » a séquestré certains de ses camarades au sein de la base 101.


Les mutins auraient ensuite tenté d’étendre leur mouvement à plusieurs sites sensibles de la capitale, notamment aux abords du Palais présidentiel. Des tirs à l’arme lourde ont été entendus durant la nuit.


Une vidéo diffusée par un compte présenté comme proche du régime montre plusieurs véhicules militaires circulant dans Niamey en direction d’une zone que i-Sahel n’a pas pu identifier avec certitude.


L’aéroport international Diori-Hamani a également été touché par les affrontements. L’identité des assaillants n’était pas immédiatement établie.


Plusieurs hypothèses ont circulé durant la nuit, évoquant notamment une tentative de coup d’État, une mutinerie ou une attaque jihadiste. Aucun groupe jihadiste n’a revendiqué les événements.


La télévision nationale avait par ailleurs cessé d’émettre sur internet. La radio nationale diffusait essentiellement de la musique traditionnelle.


Vers 10h-11h : le gouvernement annonce avoir contenu le mouvement


Le signal de la télévision nationale a été rétabli dans la matinée. La chaîne a diffusé le communiqué du ministère de la Défense affirmant que la « prompte réaction des forces de défense et de sécurité » avait permis de « circonscrire ce mouvement d’humeur » et de reprendre progressivement le contrôle des sites concernés.


Le ministère n’a pas communiqué de bilan humain et n’a pas détaillé les motivations des militaires impliqués.


Un autre message avait circulé auparavant sur les réseaux sociaux. Il s’agissait d’un enregistrement audio de plus de deux minutes dont l’authenticité n’a pas pu être vérifiée.


Ses auteurs, se présentant comme des militaires réunis sous la bannière « forces armées pour la restauration de la patrie », annonçaient notamment la fin des fonctions du général Abdourahamane Tiani, la dissolution de la Constitution et des institutions de transition, la fermeture des frontières et l’instauration d’un couvre-feu.


i-Sahel n’a pas pu établir l’identité des auteurs, l’origine ou la date de cet enregistrement.

Selon plusieurs informations recueillies par la rédaction, les militaires insurgés n’auraient pas réussi à prendre le Palais présidentiel et se seraient repliés dans la base 101.


Dans la journée : combats et arrestations




Plusieurs militaires retranchés dans la base auraient été neutralisés et d’autres arrêtés.


Des vidéos diffusées après les opérations montrent des soldats présentés comme des mutins interpellés.


Dans l’une de ces séquences, traduite par i-Sahel, un militaire s’exprimant en haoussa affirme que son « copain » l’aurait trahi en communiquant leur matricule.


D’autres informations ont circulé sans confirmation, notamment l’arrivée présumée de renforts destinés aux mutins et une possible défection du chef de la gendarmerie nationale.


Le capitaine Abdoulaye Ben Idé cité, puis démenti


Le nom du capitaine Abdoulaye Ben Idé, officier de l’Armée de terre promu en 2021, a également circulé sur les réseaux sociaux.


Certaines publications non vérifiées le présentaient comme un possible meneur de la mutinerie. Aucune source primaire consultée par i-Sahel ne permet toutefois de confirmer son implication.



Son épouse, Soraya Cissé, a publié samedi soir un démenti sur Facebook, affirmant que son mari ne se trouvait pas à Niamey au moment des faits et qu’il était affecté à l’intérieur du pays depuis plusieurs mois.


La Garde nationale dément la défection de son chef


Une autre rumeur a concerné le Haut Commandant de la Garde nationale, le colonel-major Ahmed Sidian.


Dans un communiqué daté du 29 août à Niamey, la Direction de l’Information, des Relations publiques et des Sports de la Garde nationale dément une « prétendue défection ou démission » de son chef.


Le colonel-major Ahmed Sidian « demeure pleinement à son poste », affirme le communiqué.

La Garde nationale dénonce des « fausses informations » visant à « semer le trouble » et réaffirme sa loyauté envers les Forces de défense et de sécurité.


L’AES condamne une tentative de déstabilisation


La Confédération des États du Sahel (AES) a réagi samedi aux événements de Niamey.

Dans un communiqué consacré à la mutinerie survenue dans la nuit du 28 au 29 août, l’organisation regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger affirme que la tentative de déstabilisation a été mise en échec par les forces nigériennes restées loyales.


L’AES salue « la loyauté, le courage et le sens du devoir » des Forces de défense et de sécurité nigériennes et réaffirme sa solidarité avec le Niger.


La Confédération appelle également les populations à la vigilance face aux tentatives de déstabilisation et souligne la nécessité de préserver la paix et la stabilité au sein de l’espace confédéral.


L’aéroport reste opérationnel


Malgré les affrontements autour de la base 101, l’aéroport international Diori-Hamani est resté fonctionnel.


Une lettre circulaire de l’Agence nationale de l’aviation civile, signée samedi par le colonel-major Hamadou Ousseini Ibrahim, a demandé aux compagnies et structures partenaires d’assurer la continuité du service tout en renforçant les mesures de sûreté.


Africa Corps sollicité


L’ambassadeur de Russie au Niger, Viktor Voropayev, cité par l’agence russe TASS, a affirmé que le commandement de la base 101 avait sollicité l’aide du Corps africain, relevant du ministère russe de la Défense.


Selon le diplomate russe, le chef d’état-major des armées nigériennes, le chef d’état-major des forces terrestres et le commandant de la base 101 se sont ensuite rendus sur le site du Corps africain pour remercier les militaires russes de leur soutien.


Voropayev a également indiqué que de jeunes officiers nigériens avaient participé au mouvement.


Fin de journée : assaut contre la base 101


Selon les dernières informations recueillies par i-Sahel, la garde présidentielle nigérienne aurait lancé, avec l’appui du Corps africain russe, un assaut contre les forces spéciales retranchées dans la base 101.


Cette intervention est également rapportée par plusieurs sources, tandis que Moscou a confirmé la demande de soutien adressée au Corps africain.


La situation semblait ensuite progressivement revenir au calme.


L’Agence nigérienne de presse a fait état d’une reprise de la circulation vers l’aéroport ainsi que de la réouverture des commerces, centres commerciaux et stations-service.


i-Sahel

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