Niger : ce que l'on sait, ce qui reste incertain à Niamey
- Infos du Sahel

- il y a 4 jours
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Des tirs à l'arme lourde ont été rapportés dans la nuit de vendredi à samedi dans la capitale nigérienne, notamment autour de zones stratégiques regroupant des institutions de la République, dont le Palais présidentiel. Un compte proche du régime a diffusé une vidéo montrant des véhicules militaires circulant au cœur de Niamey en direction d'une zone non identifiée par i-Sahel, mais donnant l'impression de se porter en renfort.
L'aéroport international Diori Hamani, déjà visé par deux attaques en six mois cette année, aurait également été attaqué, sans que l'identité des assaillants soit connue dans un premier temps. Le ministère de la Défense n'avait pas communiqué immédiatement, tandis que le CNSP avait diffusé un rappel sur ses différents canaux. Plusieurs hypothèses circulaient sans confirmation : tentative de coup d'État, lutte interne entre militaires, ou nouvelle attaque jihadiste, le JNIM et l'État islamique s'étant déjà attaqués à la capitale ces derniers mois. Sur leurs canaux de propagande respectifs, aucun des deux groupes n'a revendiqué les faits.
Autre signal notable durant la nuit : la télévision nationale avait cessé d'émettre sur internet et sa page Facebook n'avait diffusé aucune nouvelle vidéo, tandis que la radio ne diffusait que de la musique traditionnelle.
Deux communiqués contradictoires au petit matin
Le signal de la télévision nationale, momentanément coupé, a repris au petit matin pour diffuser, en plusieurs langues, un communiqué du ministère de la Défense nationale, signé du général d'armée. Le texte, dont i-Sahel a eu connaissance, indique : « Un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire a entrepris de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et d'effectuer des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey. La prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d'humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites. La population est quant à elle invitée à garder son calme et à vaquer librement à ses occupations. »
Une déclaration concurrente circule dans le même temps largement sur les réseaux sociaux, sous la forme d'un enregistrement audio de plus de deux minutes dont l'authenticité n'a pu être vérifiée à ce stade. Ses auteurs, se présentant comme des membres des forces armées nigériennes réunis sous la bannière « forces armées pour la restauration de la patrie », dénoncent une dégradation sécuritaire, économique et diplomatique après trois années de transition dirigée par le général Abdourahamane Tiani, et annoncent la fin de ses fonctions de chef de l'État, la dissolution de la Constitution et de toutes les instances créées par la transition, la fermeture des frontières terrestres et aériennes jusqu'à nouvel ordre, ainsi que l'instauration d'un couvre-feu de 21h à 5h sur tout le territoire. Le texte affirme que l'aéroport Diori Hamani et plusieurs points stratégiques de la capitale sont tenus par ces forces, et annonce de nouvelles mesures dans les prochaines heures.
Cet enregistrement audio doit être traité avec la plus grande prudence. Ce type de circonstances, confusion, coupures de signal, tensions institutionnelles, est historiquement propice à la circulation de fausses informations, de faux communiqués ou d'enregistrements fabriqués ou détournés de leur contexte. Aucun élément ne permet à ce stade d'authentifier ni la voix, ni l'origine, ni même la date exacte de cet enregistrement, qui devra être confirmé par des sources indépendantes avant d'être considéré comme fiable.
L'assaut sur le Palais aurait échoué, des combats se poursuivraient à la base 101
Selon plusieurs informations recueillies par i-Sahel, les assaillants n'auraient pas réussi à prendre le Palais de la République. La télévision nationale, dont le signal avait été coupé une partie de la nuit, émet de nouveau. Toujours selon ces mêmes informations, les mutins se seraient retranchés à la base aérienne 101 de Niamey, où des combats se poursuivraient à l'heure de la publication de cet article, une localisation qui recoupe celle mentionnée dans le communiqué du ministère de la Défense.
Le sort du président de la transition inconnu
À l'heure actuelle, on ignore tout du sort du général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir en juillet 2023 après avoir déposé le président élu Mohamed Bazoum, lui reprochant notamment la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Aucune image ni déclaration le concernant n'a été diffusée depuis le début des événements de cette nuit.
Ces événements interviennent à peine quelques heures après un échange de prisonniers d'ampleur au Niger, impliquant Bamako, Niamey, le FLA et le JNIM : des militaires nigériens, burkinabè et maliens y avaient été libérés contre plusieurs membres du FLA et du JNIM, selon des sources proches du dossier, un épisode qui restait lui-même non confirmé officiellement par les autorités nigériennes au moment où éclatent ces nouveaux incidents.
Information en cours de vérification. i-Sahel suit la situation et publiera les mises à jour dès que possible.
i-Sahel




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