Nigeria : saisie record de cocaïne, l'influenceur « KC Luxury » identifié comme chef de réseau
- Infos du Sahel

- il y a 2 jours
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La saisie de 184,5 kg de cocaïne à Lagos a permis aux autorités nigérianes de remonter jusqu’à un réseau international qui acheminait la drogue vers le Royaume-Uni, l’Europe et l’Asie. Parmi les suspects arrêtés figure un influenceur connu sous le nom de « KC Luxury », présenté par la NDLEA comme le coordinateur nigérian du cartel.

L’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA) affirme avoir démantelé un réseau international de trafic de cocaïne utilisant le Nigeria comme point de transit vers le Royaume-Uni, l’Europe et l’Asie.
L’opération a conduit à l’arrestation de deux suspects clés, dont Afolabi Kazeem Michael, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de « KC Luxury » et présenté par les enquêteurs comme le coordinateur nigérian du cartel.
184,5 kg de cocaïne saisis à Lagos
L’enquête a débuté après la saisie de 184,50 kg de cocaïne dans un circuit de messagerie à Lagos. Selon le patron de la NDLEA, le général de brigade à la retraite Mohamed Buba Marwa, cette cargaison constitue la plus importante saisie de cocaïne jamais réalisée dans une entreprise de messagerie au Nigeria.
La drogue devait être exportée vers plusieurs destinations internationales. La NDLEA estime sa valeur potentielle à 39 milliards de nairas sur le marché de distribution du réseau.
Les investigations ont ensuite permis de remonter la chaîne logistique et d'identifier plusieurs intermédiaires. Parmi les personnes arrêtées figure Lawal Mujab Kehinde, employé de l’entreprise de logistique utilisée par le réseau. Les enquêteurs lui reprochent notamment d’avoir préparé et traité des envois de cocaïne destinés au Royaume-Uni, à l’Europe et à l’Asie.
« KC Luxury », influenceur et suspecté d’être le chef du réseau
Le principal suspect identifié par la NDLEA est Afolabi Kazeem Michael, alias « KC Luxury ».
Très présent sur les réseaux sociaux, il se présentait comme un homme d’affaires actif dans le commerce de l’or, des bijoux et des produits de luxe. Selon les enquêteurs, cette image aurait servi de façade à ses activités présumées dans le trafic international de cocaïne.
La NDLEA affirme que le réseau faisait acheminer la cocaïne depuis l’Amérique du Sud, avant de l’expédier depuis le Nigeria vers le Royaume-Uni, l’Europe et certaines destinations asiatiques.
Le suspect a été arrêté le 13 août, à l’aéroport international Murtala-Muhammed de Lagos. Les agents intervenaient après avoir été informés de son projet de quitter le Nigeria à destination de Paris en classe affaires.
Il détenait notamment 7 750 euros, 2 800 livres sterling et 100 000 nairas, ainsi que des bijoux. Une perquisition menée dans son appartement de Banana Island, à Lagos, a également permis de saisir plusieurs véhicules haut de gamme.
Des ramifications au Nigeria et au Royaume-Uni
L’enquête a mis au jour un réseau utilisant notamment de fausses identités, des intermédiaires financiers et des facilitateurs chargés de déplacer d’importantes sommes d’argent.
La NDLEA affirme également que le cartel disposait de relais au Royaume-Uni. Plusieurs personnes y auraient été arrêtées dans le cadre de la même enquête, illustrant la dimension transnationale du réseau.
Pour les autorités nigérianes, l’affaire confirme aussi une évolution des méthodes utilisées par les trafiquants. Face au renforcement des contrôles dans les ports et les aéroports, certains réseaux chercheraient désormais à exploiter davantage les entreprises de messagerie et de logistique pour acheminer leurs cargaisons.
La NDLEA veut étendre la traque aux réseaux logistiques
Pour Mohamed Buba Marwa, l'opération montre que les trafiquants ne peuvent plus considérer les infrastructures civiles ou les secteurs du luxe comme des espaces de protection.
La NDLEA affirme vouloir poursuivre ses investigations avec ses partenaires étrangers afin de démanteler l'ensemble de la chaîne, depuis les fournisseurs jusqu'aux distributeurs.
L’affaire intervient alors que l’agence nigériane multiplie les opérations contre les réseaux de stupéfiants opérant au-delà des frontières du pays. Elle met surtout en évidence le rôle que peuvent jouer les circuits logistiques privés et les façades commerciales dans le trafic international de cocaïne.
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