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Sécurité routière : comment le Niger tente de reprendre la main après le drame de Doukou Doukou


Après la collision meurtrière du 7 août entre deux bus qui a fait 22 morts et 37 blessés à Doukou Doukou, le gouvernement multiplie les mesures pour reprendre en main un secteur des transports déjà marqué par une forte hausse des décès sur les routes en 2025.




Le ministre nigérien des Transports et de l'Aviation Civile, Colonel-Major Abdourahamane Amadou, a multiplié les rencontres avec les acteurs du secteur du transport de voyageurs dans les jours suivant le tragique accident du vendredi 7 août 2026, qui a fait 22 morts et 37 blessés à la sortie de Doukou Doukou, dans le département de Madaoua.


Le lundi 10 août, le ministre a d'abord reçu les responsables des sociétés STM et SONITRAV, directement impliquées dans la collision. Il a rappelé que la cause fondamentale de ce type de drame demeure le comportement humain, malgré le vaste programme national de sensibilisation engagé par l'État pour réduire les accidents de la route.


Une projection vidéo de l'accident a été présentée pour permettre aux deux parties de s'exprimer sur leur part de responsabilité. Le ministre a annoncé que des sanctions seraient prises à l'encontre de la société dont la responsabilité serait établie, pouvant aller de l'avertissement à la suspension, voire au retrait de l'agrément d'exploitation, sans préjudice de poursuites judiciaires. La rencontre s'est tenue en présence de cadres du ministère, de l'Agence Nigérienne de Sécurité Routière (ANISER) et de la Gendarmerie nationale.


Le lendemain, mardi 11 août, le ministre a reçu les responsables de toutes les sociétés de transport de voyageurs exerçant sur le territoire national, élargissant la démarche à l'ensemble de la profession. Il a rappelé les obligations réglementaires essentielles : bon état technique des véhicules et contrôle technique périodique, recrutement de conducteurs qualifiés, respect des temps de conduite et de repos, désignation d'un responsable sécurité dans chaque société, et souscription des assurances obligatoires.


Des mesures immédiates ont été exigées de chaque compagnie, notamment la réalisation d'un audit interne de leur flotte et de leurs conducteurs, la transmission au ministère de la liste des véhicules en circulation, la désignation sous quinzaine d'un responsable sécurité, ainsi que la signature d'un engagement écrit de conformité à la réglementation.


Cette réaction ferme du gouvernement s'inscrit dans un contexte déjà alarmant. Selon le Directeur Général de l'ANISER, la situation de la sécurité routière au Niger était devenue de plus en plus préoccupante, avec 7 116 accidents corporels, 1 245 morts, 4 439 blessés graves et 7 876 blessés légers enregistrés en 2025. Par rapport à 2024, le nombre d'accidents corporels avait reculé de 11,26 %, mais le nombre de tués avait progressé de 12,56 %, une hausse principalement liée aux transports en commun.


L'agence avait par ailleurs souligné que 99,24 % des accidents de la circulation étaient liés aux comportements humains, notamment l'excès de vitesse, le refus de priorité, l'imprudence et la somnolence au volant. C'est dans ce contexte que le ministère avait décidé de faire de 2026 « l'Année de la Discipline Routière ».


La tendance ne s'est pas inversée depuis : en mai 2026, la Police nationale a recensé 1 198 accidents, contre 1 103 en avril, soit une progression de 8,61 %, confirmant la persistance du phénomène malgré la campagne de sensibilisation lancée en avril.


Le ministre a par ailleurs annoncé le renforcement des contrôles inopinés sur les grands axes et dans les gares routières, menés conjointement par le ministère, l'ANISER, la Gendarmerie et la Police nationale, ainsi que la mise en place d'un cadre de dialogue régulier avec les organisations de transporteurs. Les responsables des sociétés présentes ont pris acte des attentes du ministère et se sont engagés à s'y conformer dans les délais impartis.


i-sahel

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