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Sahel : le JNIM justifie l'élimination d'un cadre de l'État islamique au Sahel et évoque une attaque imminente de l'EIS

Après avoir revendiqué l'élimination de Sadou Diallo Samahouna, présenté comme un responsable de la mobilisation de l'État islamique au Sahel (EIS), le JNIM est sorti de son silence pour expliquer les raisons de cette opération. Par la voix de son porte-parole au Burkina Faso, Owais Al Ansari, le mouvement affirme avoir agi pour empêcher une offensive imminente menée par plus de 200 combattants de l'EIS contre ses positions. Une justification inhabituelle qui met en lumière la profondeur de la rivalité entre les deux principales organisations jihadistes actives au Sahel.


Owais al Ansari, porte-parole du JNIM au Burkina
Owais al Ansari, porte-parole du JNIM au Burkina

Le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), branche sahélienne d'Al-Qaïda, a revendiqué l'élimination de Sadou Diallo Samahouna, présenté dans son communiqué sous le nom de « Saad Fada » et décrit comme un responsable de la mobilisation au sein de l'État islamique au Sahel (EIS). Si le communiqué officiel se limite à annoncer sa mort, le porte-parole du mouvement au Burkina Faso, Ousmane Dicko, alias Owais Al Ansari, a livré, dans un enregistrement audio de plus de 14 minutes dont i-sahel a obtenu une traduction, une explication détaillée des motivations ayant conduit à cette opération.


Le JNIM affirme avoir déjoué une offensive de l'EIS


Selon Owais Al Ansari qui s'exprimait en fulfulde, Sadou Diallo Samahouna, ancien membre du JNIM ayant rejoint l'EIS, aurait participé à la préparation d'une attaque d'envergure contre son ancien mouvement.


Le porte-parole affirme que Sadou et plusieurs de ses proches avaient supervisé le regroupement de plus de 200 combattants de l'EIS, à la frontière entre le Bénin et le Niger, avec pour objectif exclusif de frapper les positions du JNIM.



Pour appuyer ses accusations, il soutient que ces combattants, malgré leur présence dans cette zone, n'auraient mené aucune opération contre les forces gouvernementales.


« Depuis que ces 200 motos se sont positionnées là-bas, elles n'ont tué aucun taghout (terme désignant, dans la doctrine salafiste-djihadiste, toute personne, institution ou système qui transgresse les lois divines pour imposer une souveraineté humaine) », affirme-t-il, estimant que leur déploiement visait uniquement le JNIM.


Selon lui, cette concentration de combattants est intervenue alors que le JNIM était engagé sur plusieurs autres fronts, notamment au Mali, ce qui aurait favorisé la préparation de cette offensive.


« Une mort que nous ne célébrons pas »


Owais Al Ansari insiste sur le fait que le JNIM ne considère pas cette élimination comme une victoire à célébrer. Il rappelle que Sadou avait autrefois combattu aux côtés de son organisation avant de rejoindre l'EIS. « Nous n'allons ni nous vanter de sa mort, ni la fêter, car nous ressentons le poids et la douleur de ces événements. »


Il ajoute que le JNIM aurait préféré voir Sadou mourir dans des combats contre les armées de la région plutôt que lors d'affrontements entre groupes jihadistes.


Une figure de la propagande de l'EIS


Selon plusieurs sources relayées sur les réseaux sociaux, Sadou Diallo Samahouna occupait des fonctions de mobilisation et de recrutement au sein de l'EIS. Il s'était notamment illustré par deux messages audio diffusés les 6 et 22 juin 2026, appelant à rejoindre l'organisation tout en critiquant vivement le JNIM, accusé de compromissions avec d'autres acteurs armés.


Une rivalité qui se poursuit


Les déclarations d'Owais Al Ansari illustrent la volonté du JNIM de présenter cette opération comme une action préventive face à une menace imminente. Elles interviennent dans un contexte de rivalité persistante entre le JNIM et l'État islamique au Sahel, deux organisations qui se disputent l'influence, les recrues et le contrôle de territoires dans la région des trois frontières.



i-Sahel

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