Cacao : quatre pays africains s'allient et représentent désormais 75 % de la production mondiale
- Infos du Sahel

- 22 juil.
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La Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun renforcent leur coopération dans la filière cacao. Réunis autour de l'Initiative Cacao Côte d'Ivoire-Ghana (ICCIG), les quatre pays représentent désormais près de 75 % de la production mondiale et entendent coordonner leurs politiques afin d'accroître la transformation locale et le poids de l'Afrique sur le marché international.

L'Initiative Cacao Côte d'Ivoire-Ghana (ICCIG) a salué, mercredi 22 juillet, les conclusions du Sommet sur la valorisation du cacao organisé le 14 juillet à Abuja, au Nigeria. Dans un communiqué, son secrétariat estime que cette rencontre marque une nouvelle étape dans la construction d'un agenda africain commun pour la filière cacao.
Ce sommet s'inscrit dans le prolongement de la rencontre de haut niveau organisée le 16 juin à Abidjan, au cours de laquelle les présidents ivoirien Alassane Ouattara et ghanéen John Dramani Mahama avaient décidé d'ouvrir l'Initiative à d'autres pays producteurs du continent.
À Abuja, le Nigeria et le Cameroun ont rejoint cette dynamique, donnant naissance à une coalition qui représente désormais près de 75 % de la production mondiale de cacao, contre environ 60 % auparavant pour la seule Côte d'Ivoire et le Ghana. Pour les promoteurs de cette initiative, cette évolution renforce considérablement la capacité des producteurs africains à défendre leurs intérêts et à peser davantage dans la gouvernance mondiale de la filière.
Les quatre pays affichent plusieurs priorités communes : harmoniser les politiques de fixation des prix versés aux producteurs, améliorer leurs revenus, renforcer la coopération scientifique dans la lutte contre les maladies du cacao, développer les capacités de transformation locale, favoriser le commerce intra-africain des produits dérivés du cacao et créer davantage de valeur ajoutée sur le continent.
Le directeur général du Ghana Cocoa Board (COCOBOD), Dr Ransford Abbey, a indiqué que cette coopération traduit une volonté commune de développer l'industrie locale, de créer des emplois, de mieux protéger les producteurs et de permettre à l'Afrique de capter une part plus importante des revenus générés par le cacao.
Le directeur général du Conseil du Café-Cacao de Côte d'Ivoire, Yves Brahima Koné, a pour sa part estimé que cette stratégie reflète la volonté croissante des pays producteurs africains de renforcer les chaînes de valeur régionales, d'étendre la transformation industrielle et d'offrir davantage d'opportunités économiques aux producteurs.
Selon le secrétaire exécutif de l'ICCIG, Alex Assanvo, les cinq années d'existence de l'Initiative démontrent que les pays producteurs peuvent, en agissant de manière coordonnée, influencer l'évolution du secteur plutôt que subir les fluctuations du marché mondial. Il considère que l'élargissement de la coalition constitue une nouvelle étape vers une Afrique capable de définir elle-même son avenir économique dans la filière cacao.
À travers cette initiative, les quatre États affichent une ambition commune : repositionner l'Afrique, non plus comme un simple exportateur de fèves brutes, mais comme un acteur majeur de la transformation, de la fabrication et de l'innovation dans l'industrie mondiale du cacao. L'ICCIG estime que cette coopération renforcée devrait favoriser une industrialisation durable de la filière et contribuer à améliorer les conditions de vie de millions de producteurs africains.
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