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À Bamako, le président de la CUA alerte sur « l'effet de feu de paille » du terrorisme



Le président de la Commission de l'Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé lundi la solidarité de l'organisation panafricaine avec le Mali, au terme d'une visite à Bamako marquée par un entretien d'une heure avec le chef de la transition malienne, le général d'armée Assimi Goïta — une durée bien supérieure, a-t-il souligné, à celle initialement prévue.


Le responsable de l'UA a salué la qualité des échanges avec le président malien et dit être venu « d'abord exprimer notre solidarité avec la République du Mali », après des attaques terroristes qu'il qualifie de « choc pour le continent » et qui ont notamment coûté, en avril dernier la vie au général Sadio Camara. Selon lui, les pertes humaines et les destructions subies par le Mali n'ont pas d'équivalent récent ailleurs sur le continent.


Mahmoud Ali Youssouf a condamné avec fermeté ce qu'il a décrit comme un « terrorisme multiforme » — médiatique, militaire, politique et économique — visant à saper les institutions et l'unité de l'État malien. Il a salué la « bravoure » des forces armées maliennes et la « résilience » des populations, estimant que le Mali affrontait cette menace « au nom de l'Afrique ».



Le président de la Commission a par ailleurs indiqué vouloir engager un dialogue avec les autorités maliennes pour déterminer le rôle que l'UA pourrait jouer dans le processus de retour à la stabilité, un cheminement qu'il a présenté comme devant aboutir à un « horizon politique » incluant des élections, tout en insistant sur le fait que ce processus reste piloté par les autorités et le peuple maliens. Il a précisé que les étapes précédentes — notamment l'adoption de la charte de la transition — avaient déjà été franchies.


Interrogé implicitement sur la suspension du Mali des instances politiques africaines, Mahmoud Ali Youssouf a assuré qu'il ne s'agissait pas d'une volonté d'isoler le pays, mais d'une façon de « réaffirmer les règles et procédures » de l'organisation, tout en réaffirmant le soutien de l'UA à Bamako. Il a rappelé que l'UA agit dans la région à travers la MISAHEL, dirigée par l'ambassadeur et ancien ministre gambie des Affaires étrangères Mamadou Tangara, décrit comme un diplomate « proche des pays de l'AES ».


Le président de la Commission a enfin mis en garde contre le risque de propagation régionale du terrorisme, comparé à « un feu de paille » qui, non contenu, se propage rapidement aux pays voisins. Il a cité le Ghana, le Togo et le Bénin comme pays désormais menacés, appelant à une réponse à l'échelle continentale et assurant que « le Mali n'est pas seul dans cette entreprise ».


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