Sénégal-Mali : un excédent commercial qui résiste à la pression sécuritaire sur le corridor
- Infos du Sahel

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L'excédent commercial du Sénégal vis-à-vis du Mali continue de se renforcer malgré une pression sécuritaire persistante sur le corridor Dakar-Bamako, selon le rapprochement de données de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et d'un constat établi par i-Sahel.
Selon l'ANSD, l'excédent commercial du Sénégal vis-à-vis du Mali s'est amélioré d'un mois sur l'autre, passant de 40 179 millions de FCFA en mai 2026 à 70 524 millions en juin, pour un cumul semestriel de 361 562 millions de FCFA. Les exportations vers le Mali ont rebondi de 73,4% sur la même période. Le Mali demeure le premier client africain du Sénégal.
Cette performance commerciale intervient toutefois dans un contexte sécuritaire resté tendu sur la même période et sur le même axe géographique. Un constat établi par i-Sahel portant sur janvier-juin 2026 documente une pression continue du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) sur les déplacements militaires et les convois, dont un incident fin janvier sur l'axe Diboli-Kayes, directement lié au corridor commercial Dakar-Bamako. Cette pression a conduit les Forces Armées Maliennes (FAMa) à renforcer la sécurisation des mouvements, avec notamment l'escorte de convois civils vers Bamako.
Selon des sources d'i-Sahel, cette insécurité pousse par ailleurs de nombreux routiers à privilégier l'axe Kédougou – Moussala – Kita – Bamako plutôt que la voie passant par Kidira, jugée plus exposée aux risques. Ce report de trafic explique en partie l'engorgement observé ces dernières semaines sur le tronçon Kédougou-Saraya-Moussala, où des files d'attente pouvant atteindre 15 kilomètres ont été relevées par une mission du Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC).
Les deux constats, commercial et sécuritaire décrivent deux niveaux différents d'une même réalité, selon cette analyse. Le rebond des exportations en juin ne signifie pas que le corridor est sécurisé : il montre que les flux commerciaux parviennent à se maintenir malgré l'insécurité, notamment grâce à ces réajustements d'itinéraire, et non parce que la menace aurait reculé. Le constat sécuritaire, de son côté, documente une vulnérabilité générale de l'axe routier, sans permettre de l'attribuer spécifiquement au trafic de marchandises.
La performance commerciale relevée par l'ANSD s'est ainsi construite en dépit du contexte sécuritaire, plutôt que grâce à son amélioration. Cette coexistence entre un excédent commercial en hausse et une pression sécuritaire persistante illustre la résilience du corridor autant que sa fragilité : les flux commerciaux passent, mais au prix d'un report d'itinéraire et d'une sécurisation active et coûteuse, sans garantie de résilience si la pression du JNIM venait à s'intensifier ou à se réorienter vers les convois logistiques.
i-Sahel




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