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À N’Djamena, la diplomatie reprend ses droits après la crise de Niamey

il y a 4 jours
2 min de lecture

Après les accusations de Niamey sur la mutinerie du 28-29 août et un remaniement à la tête de la diplomatie tchadienne, les canaux officiels se rouvrent. Le ministre tchadien des Affaires étrangères a reçu mardi l’ambassadeur du Niger, une audience de courtoisie qui porte sur le renforcement des relations bilatérales.




L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Niger au Tchad, Anacko Mohamed, a été reçu en audience ce mardi par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Ahmat Kogri, selon la diplomatie tchadienne. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une visite de courtoisie.


L’ambassadeur a félicité le ministre d’État pour sa nomination à la tête de la diplomatie tchadienne. Les échanges ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales entre le Tchad et le Niger, indique la même source.


Après des semaines de silence officiel


Cette audience intervient après une séquence tendue. Dans un témoignage diffusé par la Radio-Télévision du Niger, le capitaine Roger Gabriel avait évoqué, à propos de la mutinerie survenue dans la nuit du 28 au 29 août à la base aérienne 101 de Niamey, des contacts avec des officiers tchadiens et une possible intervention venue du Tchad. Comme l’avait rapporté i-Sahel, ces affirmations n’ont pas été étayées par des preuves formelles.

Du côté de N’Djamena, aucune réaction officielle n’avait suivi. Le président Mahamat Idriss Déby Itno avait seulement publié sur sa page Facebook un verset de la sourate Al-Baqara, sans citer le Niger ni l’officier nigérien. Cette publication ne pouvait pas être présentée comme un démenti officiel.


Un changement à la tête de la diplomatie


Le 21 septembre, un décret présidentiel a nommé le général Ahmat Kogri à la tête de la diplomatie tchadienne, en remplacement d’Abdoulaye Sabre Fadoul, en poste depuis février 2025. Le communiqué présidentiel n’avançait aucune justification. Mais, selon des sources d’i-Sahel, l’éviction de ce dernier serait à mettre en lien avec la crise avec le Niger.


Avant sa nomination, Ahmat Kogri était conseiller aux Affaires africaines et internationales à la présidence de la République. Il avait auparavant dirigé pendant près de sept ans l’Agence nationale de sécurité.


Un signal, sans plus


La visite de l’ambassadeur nigérien est le premier contact public de ce type rapporté depuis cette nomination. Elle relève du protocole : les communiqués de ce genre mentionnent le plus souvent les félicitations et la volonté de renforcer la coopération, sans annonce précise.  Cette séquence peut toutefois être considérée par les deux pays comme allant vers un dégel, après les accusations de fin août et le changement de ministre à N’Djamena.


Le Niger et le Tchad partagent pourtant une longue frontière et font face à des menaces sécuritaires communes marquées par les attaques des deux branches de Boko Haram, notamment dans la région du bassin du lac Tchad. En août 2025, le président Déby s’était rendu à Niamey pour une visite de travail, au cours de laquelle les deux pays avaient affiché leur volonté de renforcer leur coopération. L’audience de mardi montre que les deux capitales maintiennent le dialogue officiel.


i-Sahel

 
 
 

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