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Canaries : 1 332 migrants partis du Sénégal secourus en trois semaines, malgré la recomposition des routes

il y a 11 heures
4 min de lecture

Entre le 5 et le 24 octobre, onze embarcations parties du Sénégal ont été signalées aux Canaries, selon les publications d’Helena Maleno Garzón, de l’organisation Caminando Fronteras. Plus de la moitié des personnes concernées sont arrivées au cours des six derniers jours. Ces chiffres non-officiels éclairent la persistance des départs depuis le Sénégal, alors que les itinéraires migratoires ouest-africains se recomposent.




Les départs du Sénégal vers les îles Canaries se poursuivent à un rythme soutenu, malgré le renforcement des contrôles sur les côtes sénégalaises et l’évolution des itinéraires empruntés par les candidats à la migration.


Entre le 5 et le 24 octobre 2026, onze embarcations parties du Sénégal ont été signalées par Helena Maleno Garzón, de l’organisation Caminando Fronteras. Au total, 1 332 personnes ont été secourues puis transférées vers El Hierro ou Tenerife, selon le décompte établi par i-Sahel à partir de ses publications.


Une semaine particulièrement chargée


La dernière semaine de la période recensée concentre une part importante des arrivées signalées.

Samedi 24 octobre, Helena Maleno Garzón a indiqué qu’une embarcation partie du Sénégal, transportant 78 personnes dont trois femmes et trois enfants, avait été secourue puis transférée à El Hierro.


La veille, vendredi 23 octobre, trois embarcations avaient rejoint la même île. La première transportait 41 personnes, la deuxième 170 et la troisième 166, dont six femmes et 17 mineurs. Pour chacune de ces arrivées, l’activiste a précisé que « tout le monde se porte bien ».


Les trois groupes représentaient 377 personnes en une seule journée.

Mardi 20 octobre, une embarcation transportant 145 personnes, dont cinq femmes et huit enfants, avait été transférée à El Hierro.


Lundi 19 octobre, une autre, avec 177 personnes à bord, dont 15 femmes et 11 enfants, avait rejoint la même île.

Du 19 au 24 octobre, 777 personnes ont ainsi été signalées, soit plus de la moitié du total recensé sur les vingt jours étudiés.


Plus de 550 personnes signalées durant la première quinzaine


Les publications des 5, 6, 9, 11 et 12 octobre font état de 555 autres personnes secourues.

Le 5 octobre, une pirogue transportant 55 hommes a été secourue puis transférée à El Hierro. Le lendemain, une autre embarcation, avec 74 personnes à bord, dont dix femmes et deux mineurs, a rejoint la même île.


Le 9 octobre, 120 personnes, dont 13 femmes et 32 mineurs, ont été transférées à Tenerife. Il s’agit de la seule arrivée de cette série dirigée vers cette île plutôt que vers El Hierro.

Le 11 octobre, 220 personnes, dont sept femmes et huit mineurs, sont arrivées à El Hierro.


Le lendemain, une autre embarcation transportant 86 personnes, dont cinq mineurs, a été signalée sur la même route. Pour ces deux dernières arrivées, l’activiste a également indiqué que « tout le monde se porte bien ».


Près de 1 000 migrants arrivés à El Hierro en 24 heures


La plateforme Sur les traces du migrant a rapporté samedi l’arrivée de 982 migrants au port de La Restinga, sur l’île espagnole d’El Hierro, en 24 heures. Quatre pirogues parties de Gambie et du Sénégal ont débarqué vendredi 566 personnes, dont au moins 16 femmes et 27 mineurs, selon les informations relayées par la plateforme. La veille, quatre autres embarcations avaient amené 416 personnes, d’après l’agence EFE.


Des départs qui persistent malgré l’évolution des routes


Dans son précédent article consacré aux itinéraires migratoires vers les Canaries, i-Sahel s’appuyait notamment sur les observations d’Ayoba Faye, journaliste spécialisé dans la migration irrégulière et initiateur du hashtag #PortésDisparus.


Selon lui, le renforcement de la surveillance des côtes sénégalaises a contribué à modifier les itinéraires empruntés par les candidats au départ. Depuis 2025, certains se déplacent notamment vers la Gambie, la Guinée ou la Mauritanie pour tenter de rejoindre l’Espagne.


Cette évolution ne signifie toutefois pas que les départs depuis le Sénégal ont cessé. Les onze embarcations signalées entre le 5 et le 24 octobre illustrent la persistance de cette voie maritime.


Les données du Mixed Migration Centre (MMC), citées dans le précédent article d’i-Sahel, faisaient état d’une baisse des arrivées de migrants et de réfugiés aux Canaries au premier semestre 2026, tandis que les arrivées de ressortissants gambiens progressaient. Ces tendances suggèrent une recomposition des itinéraires, sans disparition des traversées au départ du Sénégal.


Daouda Ba, journaliste et auteur spécialisé dans les questions migratoires, avait insisté sur les raisons qui poussent certains jeunes à prendre la mer, citant le chômage, la précarité, le manque de perspectives, les inégalités et le sentiment d’abandon. « les jeunes partent souvent parce qu’ils ne voient plus d’avenir là où ils vivent », expliquait-il, évoquant une migration qui ne relève pas toujours d’un choix aventureux, mais aussi de l’absence d’horizon perçu dans le pays d’origine. Il plaidait également pour des investissements dans l’emploi, la formation et le développement local, ainsi que pour un meilleur accès aux voies régulières de migration.


Dans le même temps, les autorités sénégalaises poursuivent les opérations contre les départs irréguliers. Dans une publication datée du samedi 24 octobre, la gendarmerie sénégalaise a annoncé avoir interpellé 378 candidats à l’émigration lors de trois opérations menées les 20, 21 et 22 octobre dans la région de Fatick, dans le centre-ouest. Les opérations ont notamment permis la saisie de trois pirogues et de 5 800 litres de carburant à Bassoul.


Au moins 59 femmes et 86 mineurs recensés


Sur les 1 332 personnes recensées, les publications de Caminando Fronteras mentionnent au moins 59 femmes et 86 mineurs ou enfants.


À noter qu'il ne s’agit pas d’un bilan officiel consolidé et les chiffres n’ont pas été confirmés à ce stade par les autorités espagnoles ou sénégalaises.


Spécialisée dans le suivi des migrations et des drames sur les routes migratoires, l’organisation Caminando Fronteras constitue cependant une source régulièrement mobilisée pour documenter ces mouvements.


Ces arrivées rappellent ainsi que, malgré l’évolution des routes empruntées en Afrique de l’Ouest, la traversée de l’Atlantique depuis les côtes sénégalaises demeure une voie de migration active vers les Canaries.


i-Sahel

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