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Nigeria : les grands-mères, nouveau visage du trafic de drogue ?

11 oct.
2 min de lecture

À 83 ans, une grand-mère déjà condamnée a de nouveau été arrêtée dans l’État d’Abia pour trafic de drogue. Moins de deux mois après l’interpellation d’une centenaire dans l’Ogun, son cas s’ajoute à une série d’affaires impliquant des femmes âgées.



Elles ont l’âge d’être arrière-grands-mères et se retrouvent pourtant dans les communiqués de l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA). En quelques mois, plusieurs femmes âgées ont été interpellées pour trafic de stupéfiants au Nigeria.

Dernier cas en date : celui d’Uloma Uchechi Sunday, 83 ans, arrêtée le mercredi 7 octobre 2026 à son domicile d’Ite-Uzo, à Umuaguma, dans la zone de gouvernement local d’Obingwa, dans l’État d’Abia.


Selon le communiqué de la NDLEA publié le 11 octobre, elle dissimulait de la méthamphétamine et du « Colorado », un cannabinoïde de synthèse, attachés à sa taille à l’aide d’un pagne. La fiche d’identification diffusée par l’agence mentionne 7 grammes de méthamphétamine et 2 grammes de cannabis.


D’après la NDLEA, son arrestation fait suite à des renseignements indiquant qu’elle tenait un point de vente de drogue servant de repaire à des individus qui terrorisent la communauté.


L’octogénaire n’en est pas à son premier démêlé avec la justice. Le 17 mai 2025, elle avait été arrêtée dans le même village avec sa fille, Chisom Uchechi, 32 ans, en possession de 50 grammes de méthamphétamine, 522 grammes de skunk, 260 grammes de feuilles de cannabis fraîches et 12 grammes de tramadol.


Après avoir plaidé coupables, les deux femmes avaient été condamnées à douze mois de prison ou à une amende de 200 000 nairas chacune. Elles avaient payé l’amende et retrouvé la liberté. Loin d’être dissuadée, la grand-mère aurait ensuite étendu ses activités.

Moins de deux mois plus tôt, une autre affaire avait suscité l’étonnement.


Le 15 août 2026, la NDLEA arrêtait à Ilisan, dans l’État d’Ogun, Esther Ogunmabo, une arrière-grand-mère de 101 ans, en possession de sachets de skunk pesant au total 90 grammes, qu’elle reconnaissait revendre aux habitants.


La centenaire avait expliqué s’être lancée dans ce commerce après l’incendie de sa boutique, ajoutant que l’une de ses filles, installée à Lagos, l’approvisionnait tous les quatre jours. Tenant compte de son grand âge, le patron de la NDLEA, le général Mohamed Buba Marwa, avait ordonné sa libération sous caution et son placement sous suivi psychologique. Sa fille, elle, avait été arrêtée.


Ces deux octogénaire et centenaire ne sont pas des cas isolés. En août, toujours selon la NDLEA, une femme de 65 ans avait été interpellée dans l’État d’Oyo avec 4,68 kg de substances diverses, dont du « Loud », du tramadol, du sirop à la codéine, du diazépam et du flunitrazépam.


Début juillet, une Britannico-Nigériane de 67 ans avait été arrêtée à l’aéroport international Murtala Muhammed de Lagos, avec 13 kg de cocaïne dissimulés dans des colis imitant des bananes plantains.


Point commun de plusieurs de ces affaires : l’implication de proches, souvent les filles, qu’elles servent de fournisseuses ou de complices. Ces arrestations surviennent alors que la NDLEA multiplie les opérations sur l’ensemble du territoire, dans les aéroports, les ports, aux frontières terrestres comme au cœur des communautés.


i-Sahel

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