Otages au Sahel : pourquoi la libération d’Eva Gretzmacher et Claudia Abbt a-t-elle pris du retard ?

L’Autrichienne Eva Gretzmacher, 76 ans, et la Suissesse Claudia Abbt, 69 ans, sont arrivées à Benghazi, en Libye, mercredi 21 octobre 2026, après plusieurs mois de captivité au Sahel. À leur arrivée, elles ont remercié le maréchal Khalifa Haftar et son fils, le général Saddam Khalifa Haftar, pour leur rôle dans leur libération.
Les deux femmes avaient été enlevées séparément à Agadez, dans le nord du Niger. Eva Gretzmacher a été kidnappée le 11 janvier 2025, tandis que Claudia Abbt a été enlevée dans la nuit du 13 au 14 avril de la même année. Elles étaient détenues par l’État islamique au Sahel (EIS).
Une libération annoncée en septembre
Des informations faisant état de leur libération avaient circulé autour du 10 septembre 2026. À cette période, le ministère autrichien des Affaires étrangères avait indiqué que le processus de transfert n’était pas encore achevé. Les deux otages ne sont finalement arrivées à Benghazi que le 21 octobre.
Selon des sources d’i-Sahel proches du dossier, le retard serait lié à la fuite prématurée de l’annonce de leur libération. La diffusion de cette information avant la finalisation du transfert aurait perturbé le processus.
L’Autriche remercie ses partenaires sans citer la Libye
La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a exprimé son « grand soulagement » après plus de 21 mois de captivité d’Eva G. Selon le ministère, l’Autrichienne a été prise en charge le 22 octobre par une équipe de crise autrichienne.
La ministre remercie « nos partenaires internationaux », le représentant spécial de la chancelière, l’ambassadeur Peter Launsky, ainsi que le ministère de la Défense et le personnel du ministère des Affaires étrangères.
Elle décrit un processus diplomatique « long, complexe et extrêmement délicat », mené « avec discrétion et confidentialité » avec des partenaires régionaux, européens et internationaux. L’Autriche indique avoir engagé dès le début un dialogue intensif avec ses partenaires, notamment la Suisse.
Le rôle de Saddam Haftar dans les libérations au Sahel
Cette libération intervient après plusieurs opérations ayant conduit à la remise en liberté d’étrangers détenus dans la région et transférés via la Libye.
L’Américain Kevin Rideout, enlevé à Niamey le 21 octobre 2025, a été libéré le 14 août 2026, après près de dix mois de captivité. Deux anciens membres du groupe Wagner, capturés par le Front de libération de l’Azawad (FLA) à Tinzaouatène, dans le nord du Mali, en juillet 2024, ont également été libérés en août 2026.
Dans ces différents dossiers, i-Sahel a documenté le rôle de Saddam Haftar et le recours à des circuits de transfert passant par la Libye.
Concernant Eva Gretzmacher et Claudia Abbt, le média libyen Al-Unwan Al-Libiya, citant la chaîne Al-Masar TV, rapporte que Saddam Haftar est intervenu après avoir reçu des appels des familles. Selon ce récit, des forces spéciales ont assuré leur transfert jusqu’à l’aéroport international de Benina, à Benghazi, avant leur remise aux autorités compétentes de leurs pays respectifs.
La question des rançons dans les libérations au Sahel
Les rançons constituent un élément documenté dans certains dossiers de libération au Sahel, mais les informations disponibles varient selon les affaires.
Dans le cas des deux anciens membres de Wagner, des sources proches du FLA avaient évoqué auprès d’i-Sahel une rançon de 3 à 4 millions d’euros. Concernant Kevin Rideout, des informations faisaient état d’une possible rançon payée par les autorités libyennes, sans que le montant ni les modalités exactes aient été rendus publics.
À ce stade, aucune information disponible ne permet d’établir qu’une rançon a été versée pour obtenir la libération d’Eva Gretzmacher et de Claudia Abbt.
À Benghazi, une réception similaire aux précédentes
Les images diffusées à leur arrivée montrent les deux femmes accompagnées de personnel médical et d’une ambulance. Elles ont publiquement remercié Khalifa Haftar et son fils.
Cette mise en scène rappelle celle observée lors de précédentes libérations passées par la Libye, notamment celles de Kevin Rideout et des deux anciens membres de Wagner. Dans ces différents cas, l’accueil à Benghazi a donné une visibilité particulière au rôle des autorités de l’est libyen dans les opérations de libération.
i-Sahel






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