1er août à Cotonou : l'AES à nouveau absente, le Nigeria invité à défiler
- Infos du Sahel

- 1 août
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Le Bénin a célébré ce samedi 1er août 2026 le 66ᵉ anniversaire de son indépendance par un défilé militaire et paramilitaire sur le boulevard de la Marina à Cotonou, placé sous le thème « Les Forces de défense et de sécurité, ensemble avec le peuple, en marche vers la prospérité ». Une édition marquée, une fois de plus, par l'absence des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Mais cette année, l'absence n'a rien d'un désaveu : contrairement à l'édition précédente, aucune invitation officielle à l'endroit de l'AES n'a été annoncée par les autorités béninoises.
2025 : une main tendue publiquement affichée, restée sans réponse
L'an dernier, à l'occasion du 65ᵉ anniversaire de l'indépendance, le gouvernement avait fait de l'ouverture vers le Sahel un axe de communication assumé. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, avait annoncé le 20 juillet 2025 que quatre pays étrangers avaient été conviés à participer au défilé, dont deux membres de l'AES : le Burkina Faso et le Niger.
Il avait présenté ce geste comme une preuve de fraternité régionale, insistant sur le fait que les populations de part et d'autre des frontières étaient les mêmes, et que Cotonou souhaitait maintenir le dialogue malgré la rupture entre l'AES et la CEDEAO.
Cette annonce s'inscrivait dans un climat de tensions diplomatiques et sécuritaires persistantes avec certains voisins sahéliens, et apparaissait comme une tentative explicite de réchauffement des relations régionales, à quelques mois de la fin du second mandat du président Patrice Talon.
Cette main tendue n'a toutefois pas trouvé d'écho à Ouagadougou ni à Niamey : le jour du défilé, le Burkina Faso et le Niger, pourtant formellement invités, n'ont pas fait le déplacement. C'est finalement un détachement de la Côte d'Ivoire qui a ouvert la marche aux côtés des troupes béninoises, en lieu et place des délégations sahéliennes attendues.
2026 : plus aucune mention de l'AES dans les préparatifs
Un an plus tard, le ton de la communication gouvernementale a changé. Réunis le mardi 28 juillet 2026 avec la presse nationale et internationale, le comité de pilotage des préparatifs et l'État-major général des Forces armées béninoises ont détaillé les grandes lignes de l'édition du 66ᵉ anniversaire : 6 834 personnels des forces de défense et de sécurité répartis en 36 pelotons, des moyens roulants militaires et des embarcations de la marine nationale.
Sur le volet international, le message était cette fois sans ambiguïté : seuls le Nigeria, avec une troupe défilante, et le Togo, avec une délégation d'officiels, ont été annoncés comme partenaires étrangers de cette édition. Aucun pays de l'AES n'a été cité parmi les invités, ni lors de cette conférence de presse ni dans les communications qui ont suivi dans les jours précédant le défilé.
Selon plusieurs médias locaux, la troupe nigériane devait d'ailleurs ouvrir le défilé, reproduisant un rôle déjà tenu l'année précédente, une présence nigériane récurrente, qui contraste avec celle de l'AES, restée entièrement absente des préparatifs cette fois.
La participation annoncée fin juillet s'est vérifiée sur le terrain ce samedi 1er août, avec le défilé effectif du détachement de l'armée nigériane aux côtés des Forces de défense et de sécurité béninoises.
Un rapprochement bien réel, mais qui n'a pas (encore) débouché sur une invitation
Ce basculement de communication intervient alors que le Bénin a également changé de président depuis l'an dernier : la parade de 2025 avait été la dernière présidée par Patrice Talon, arrivé au terme de ses deux mandats, tandis que celle de 2026 est la première présidée par le nouveau chef de l'État, Romuald Wadagni, investi le 24 mai 2026.
Paradoxalement, l'absence de toute invitation officielle à l'AES cette année ne traduit pas un gel des relations, bien au contraire.
Dès les premiers jours de son mandat, le nouveau président a engagé une offensive diplomatique inédite envers les trois capitales sahéliennes : reçu à Niamey et à Ouagadougou le 2 juin 2026, puis à Bamako le 9 juin, il est devenu le premier chef d'État de la sous-région à effectuer une tournée successive dans les trois pays de l'AES dès le début de son mandat.
Ces visites ont débouché sur des engagements concrets, notamment la réouverture progressive de la frontière avec le Niger, fermée depuis 2023, et la relance des commissions mixtes de coopération avec les trois pays.
Ce réchauffement s'est même traduit sur le terrain sécuritaire : à la mi-juillet, des unités de l'armée burkinabè ont été déployées dans la zone frontalière disputée de Koualou, dans le nord du Bénin, pour y mener des patrouilles conjointes avec les Forces armées béninoises face à la menace persistante des groupes armés jihadistes dans la région. Des images de ce déploiement, montrant un convoi burkinabè accueilli par des soldats béninois, ont largement circulé et ont été présentées comme le signe d'une reprise concrète de la coopération sécuritaire entre les deux pays, après plusieurs années d'interruption.
Ce contexte rend d'autant plus notable l'absence de toute invitation officielle de l'AES pour le défilé du 1er août 2026, alors même que le rapprochement diplomatique et sécuritaire engagé depuis juin semblait ouvrir la voie à un geste symbolique de cette nature. Que les autorités béninoises aient choisi de dissocier ce dossier protocolaire des avancées bilatérales en cours, ou que le calendrier n'ait simplement pas permis de concrétiser une telle démarche pour cette édition, aucune explication officielle n'a été donnée.
Reste que la célébration du 1er août apparaît, dans ce contexte, comme un premier indicateur de la solidité et du rythme de ce rapprochement encore récent entre Cotonou et les capitales de l'AES.
i-sahel




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