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Burkina Faso : nouveau représentant de l'ONU, sur fond de souveraineté



Njoya Tikum, diplomate camerounais, a présenté vendredi ses lettres de créances au ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, devenant le nouveau Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Coordonnateur Humanitaire au Burkina Faso. Il arrive du Sénégal, où il a dirigé pendant plus de six ans le bureau régional du PNUD pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.


Sa prise de fonction survient dans un contexte où le Burkina Faso a, ces dernières années, réaffirmé avec constance son exigence du respect de sa souveraineté et de ses choix stratégiques face à ses partenaires internationaux, qu'il s'agisse d'organisations multilatérales ou de puissances occidentales.


Deux départs forcés avant lui


Le pays a été amené, à deux reprises, à se séparer de la coordinatrice résidente de l'ONU alors en poste. En décembre 2022, Barbara Manzi avait été déclarée persona non grata, les autorités lui reprochant d'avoir évoqué, sans preuves, un risque de « chaos » au Burkina Faso.


En août 2025, sa successeure, Carol Flore-Smereczniak, avait connu le même sort après avoir coprésidé un rapport onusien que le gouvernement a qualifié de « données sans sources objectives, sans preuves ni justificatifs, véhiculant des informations graves et mensongères ».


Cette même exigence de respect mutuel a présidé, le 14 juillet 2026, à la décision d'Ouagadougou de déclarer persona non grata deux agents de la délégation de l'Union européenne, une décision prise conformément aux dispositions de la Convention de Vienne, qui reconnaît à tout Etat le droit souverain de déclarer persona non grata un agent diplomatique sans avoir à motiver sa décision.


Un mois plus tôt, le 26 juin 2026, le gouvernement avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, accusée d'« activisme incessant » contre les intérêts du Faso.


Un mandat placé sous le signe de l'égalité


C'est dans cet esprit que Tikum entame son mandat. Il a affirmé vouloir « capitaliser sur les acquis, qui s'alignent sur les orientations et les priorités nationales, dans l'humilité et le respect mutuel ». En 2025, malgré un contexte sécuritaire difficile, le Système des Nations Unies a mobilisé environ 299,8 millions de dollars, soit plus de 170 milliards de FCFA, pour soutenir ses opérations au Burkina Faso, représentant environ 80 % des besoins exprimés.


Son arrivée ouvre un nouveau chapitre pour une coopération entre Ouagadougou et les Nations Unies, désormais placée sous le signe d'un partenariat que les autorités burkinabè entendent voir fondé sur l'égalité souveraine des États plutôt que sur des rapports de tutelle.


i-sahel

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