Tiani pose ses conditions : ce qui freine encore la réouverture de la frontière avec le Bénin
- Infos du Sahel

- 29 juil.
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Dernière mise à jour : 9 août
Trois ans de fermeture, un complot déjoué, des accusations croisées, puis un dégel amorcé en juin 2026 avec un chronogramme de réouverture déjà validé à Cotonou. C'est dans ce contexte d'actes concrets déjà posés que le président du CNSP, le général Abdourahamane Tiani, est venu, face à Télé Sahel, tempérer les attentes : « Il n'y a pas une date précise pour l'ouverture de cette frontière », a-t-il affirmé, évoquant des « préalables » dont il dit détenir, avec son homologue béninois, la clé.

« Il n'y a pas une date précise pour l'ouverture de cette frontière. » Face à Télé Sahel, le président du CNSP, le général Abdourahamane Tiani, a douché les attentes d'une réouverture rapide de la frontière avec le Bénin, évoquant des « préalables » dont il affirme détenir, avec son homologue béninois, la clé.
Tiani : « L'ouverture n'est pas l'acte fondamental »
Interrogé sur l'état d'avancement du dossier, le chef de l'État nigérien a d'emblée relativisé la portée de la réouverture elle-même. « Pour nous, l'ouverture de la frontière en tant que telle n'est pas l'acte fondamental », a-t-il déclaré, avant de poser sa propre condition : que cette frontière, une fois rouverte, devienne « une frontière des peuples et non une frontière d'un individu ».
Selon lui, cette exigence vise à empêcher qu'un dirigeant, nigérien ou béninois, puisse à l'avenir décider seul de refermer la frontière au gré de ses « humeurs ». « Quand la frontière appartient au peuple, un individu marionnette ne peut pas se lever pour dire "fermé" », a-t-il martelé, assurant que le peuple s'opposerait alors à une telle décision.
« Il y a des préalables »
Sur la question d'un calendrier, Tiani a été sans détour : « Il n'y a pas une date précise pour l'ouverture de cette frontière. Je vous ai dit qu'il y a des préalables. » Il a indiqué que la définition de ces préalables lui revenait, à lui-même et au président béninois Romuald Wadagni, « pour que la frontière soit définitivement et de façon irréversible ouverte ».
Le président nigérien a justifié cette prudence par la nécessité de « penser et correctement soigner » les « plaies » accumulées entre les deux pays avant toute « décision irréversible ». « Tout ce que nous faisons, nous le faisons après mûre réflexion, en nous assurant que les intérêts du Niger seront préservés, comme les intérêts du Bénin ne seront pas méconnus », a-t-il ajouté.
Un hommage appuyé au président béninois
Tiani n'a pas manqué de saluer la démarche de son homologue, qualifiant sa visite à Niamey de « premier pas historique », par contraste, selon lui, avec les prédécesseurs de Romuald Wadagni qu'il accuse d'avoir œuvré à « détruire le Niger ». C'est dans la foulée de cette visite, a-t-il rappelé, qu'un comité mixte a été constitué et a remis ses conclusions dans le délai de deux semaines imparti.
Une prudence à mettre en perspective
Les déclarations du président nigérien interviennent pourtant après plusieurs mois de dégel diplomatique engagé depuis juin 2026 : visite officielle de Wadagni à Niamey le 2 juin, puis réunion d'experts à Cotonou les 14 et 15 juin ayant abouti à un chronogramme de réouverture progressive de la frontière, officialisé par un communiqué conjoint le 16 juin.
En insistant sur l'absence de date et sur l'existence de conditions préalables, Tiani adopte ainsi un ton plus mesuré que celui des annonces conjointes de juin, sans toutefois remettre en cause la dynamique de rapprochement entre Niamey et Cotonou.
i-sahel




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