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Face à l'EIS et au JNIM, le Niger muscle son budget sécurité 2026


Le Conseil des ministres, réuni vendredi à Niamey sous la présidence d'Abdourahamane Tiani, a adopté une révision à la hausse du budget général de l'État pour 2026, justifiée en partie par des « besoins supplémentaires en crédits budgétaires au profit des Forces de Défense et de Sécurité », face à « l'évolution de la situation sécuritaire ».


Le budget passe de 2 922,22 milliards à 2 980,54 milliards de francs CFA, soit une hausse de 58,32 milliards de FCFA (+2%).


Une menace jihadiste en forte intensité


Entre le 28 août 2025 et le 23 juillet 2026, l'État islamique au Sahel (EIS) a revendiqué entre 35 et 40 actions offensives au Niger, selon un recensement d'i-Sahel établi à partir des communiqués hebdomadaires de la revue Al-Naba : une douzaine d'embuscades contre des patrouilles et convois militaires, une dizaine d'assauts contre des camps et postes, plusieurs attaques à l'engin explosif improvisé dans la région de Tahoua, et des assassinats ciblés de responsables civils et militaires.


En additionnant les bilans chiffrés publiés par Al-Naba, i-Sahel évalue à plus de 200 le nombre de soldats et miliciens dont la mort est revendiquée par l'EIS sur ces onze mois.


Les épisodes les plus lourds incluent une embuscade près de Tillabéri (17 morts revendiqués côté armée, Al-Naba n°513), une attaque contre une patrouille de la Garde nationale près de Dosso (Al-Naba n°527), et une opération de près de deux heures et demie contre l'aéroport international de Niamey et la base aérienne 101, avec destruction revendiquée de six drones et un hélicoptère (Al-Naba n°533).


Cette cible, jugée sensible en raison de stocks d'uranium liés au différend avec le groupe français Orano, a été attaquée une seconde fois le 18 juin, revendiquée cette fois par le JNIM : le ministère de la Défense a fait état de 11 soldats et 2 civils tués, et de 22 assaillants neutralisés.


D'autres bilans officiels illustrent l'intensité des combats de l'été : 16 militaires tués et 23 blessés le 17 juillet sur l'axe Bankilaré-Téra (Tillabéri), un bilan que des sources sécuritaires citées par RFI portent à au moins 47 morts et plus de 50 blessés, et au moins 17 morts le 31 juillet à N'Guigmi (Diffa).


En retour, le Centre intégré de coordination des opérations (CICO) revendique 72 « mercenaires neutralisés » en deux semaines mi-juin/début juillet, dont 41 lors d'une seule opération, jugeant la situation « globalement sous contrôle ». i-Sahel relève par ailleurs une offensive de l'EIS contre les bases d'Inatès et de Banibangou (Tillabéri), avec 80 soldats tués et 65 véhicules détruits ou saisis revendiqués.


Le Niger, épicentre régional selon l'ONU


Le rapport du Secrétaire général de l'ONU sur la menace de l'État islamique, publié le 31 juillet 2026, estime les effectifs de l'EIS (ex-EIGS) à environ 2 000 membres et pointe des capacités opérationnelles « considérablement renforcées ».


Il indique que 75 % des attaques revendiquées par l'EIS en 2026 ont eu lieu au Niger, qui en devient la principale zone d'opérations, et cite l'attaque du 29 janvier contre l'aéroport de Niamey comme preuve de sa capacité à mener des opérations complexes en milieu urbain.

Le JNIM reste actif de son côté, avec 10 opérations revendiquées en dix semaines entre le 13 mars et le 23 mai 2026 dans la seule région de Tillabéri.


Face à ces menaces transfrontalières, le Niger participe depuis janvier 2026 à une initiative de sécurisation des frontières avec le Bénin, le Burkina Faso et le Togo (ONU, UNITAR, INTERPOL), et à l'opération régionale KAFO VI contre le trafic d'armes, qui a permis de former plus de 1 700 agents et de saisir armes, munitions et stupéfiants pour plus de 20 millions de dollars.


C'est dans ce contexte, plusieurs dizaines d'attaques revendiquées en un an, des bilans humains disputés entre autorités et sources sécuritaires, un Niger identifié par l'ONU comme premier théâtre d'opérations de l'EIS au Sahel, que le Gouvernement muscle le budget des Forces de Défense et de Sécurité dans sa rectification budgétaire 2026, aux côtés d'autres facteurs comme la hausse du pétrole et le réaménagement gouvernemental.


i-Sahel

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