Guinée : après le magistrat Diallo, deux ministres à leur tour limogés
- Infos du Sahel

- il y a 4 jours
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La Guinée a connu deux départs marquants en quelques heures. D'abord un magistrat, révoqué pour des raisons clairement expliquées. Puis deux ministres, limogés sans aucune justification. Ce même soir, le président Mamadi Doumbouya s'est adressé à la nation pour promettre de frapper fort contre la corruption, « à commencer par ceux qui servent à mes côtés ».
Deux ministres écartés...
Mory Condé dirigeait le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Protection sociale. Mourana Soumah était à la tête de la Communication, de l'Économie numérique et de l'Innovation. Les deux ont été démis de leurs fonctions ce jeudi soir. Aucun communiqué n'a précisé pourquoi.
...et le président prend la parole
C'est après ces deux limogeages que Mamadi Doumbouya s'est adressé au peuple guinéen. Il a d'abord expliqué pourquoi il tenait à s'exprimer ce soir-là. Il a dit avoir « écourté ses congés pour rejoindre sa terre natale », car ce pays, selon ses mots, « passe avant toute chose, avant moi-même ». C'est ce sens du devoir, a-t-il ajouté, qui a guidé les décisions prises dans la soirée.
Sur la lutte contre la corruption, le ton a été sans détour : « Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l'abri de la rigueur républicaine. » Il a insisté sur le fait que cette exigence s'applique à tous, « à commencer par ceux qui servent à mes côtés ». Le président a d'ailleurs fait explicitement le lien avec l'actualité de la soirée, affirmant que « les décisions intervenues ce soir au sein de la République » prouvent que l'exigence de rigueur s'applique à tous, sans exception.
Pour lui, la Refondation « n'est pas un slogan », mais « une discipline » que les autorités s'imposent d'abord à elles-mêmes. Il a aussi rappelé les trois objectifs qu'il assigne à cette Refondation : le vivre-ensemble, une économie au service du peuple, et des institutions fortes et crédibles.
Le magistrat Diallo perdu par ses conversations supposées avec Cellou Dalein Diallo
L'affaire du magistrat Algassimou Diallo est différente. Sa révocation, elle, a été motivée publiquement. Deux jours après sa suspension, il a été révoqué de la magistrature par le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Le Conseil a estimé que les faits reprochés étaient établis et constituaient des « manquements graves aux devoirs de son état, à l'honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».
Les raisons de cette révocation ont été lues jeudi soir sur les antennes de la télévision nationale. Selon les précisions communiquées, le dossier repose notamment sur des échanges attribués à Algassimou Diallo avec l'opposant en exil Cellou Dalein Diallo.
Ces échanges auraient porté sur des initiatives susceptibles de contribuer à une déstabilisation du pays. Un contexte marqué par des considérations à la fois politiques et ethniques a également été évoqué.
Cellou Dalein Diallo est une figure historique de l'opposition guinéenne. Ancien Premier ministre et ancien candidat à plusieurs élections présidentielles, il a longtemps dirigé l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Il vit aujourd'hui en exil, après avoir quitté le pays alors qu'il faisait l'objet de poursuites dans le dossier de la vente d'Air Guinée. Il s'était aussi opposé au processus politique engagé après le coup d'État de 2021.
Après examen du dossier, le CSM a conclu que les faits justifiaient la sanction la plus lourde prévue contre un magistrat : la révocation. Algassimou Diallo, ancien procureur près le Tribunal de première instance de Dixinn et figure du procès du 28 septembre 2009, n'appartient désormais plus au corps de la magistrature guinéenne.
i-Sahel




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