Le Burkina appelle à une refondation de l'Union africaine
- Infos du Sahel

- 16 juil.
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Reçu ce jeudi à Ouagadougou par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a eu droit à un échange franc et sans détour.

C'était la première visite du patron de la Commission de l'UA sur le sol burkinabè depuis sa prise de fonction. L'occasion pour lui de saluer la résilience d'un peuple qui, malgré les assauts terroristes, avance : mobilisation citoyenne, souveraineté minière retrouvée, dynamique de développement endogène saluée de visu. Le Chef du gouvernement burkinabè a pour sa part profité de la rencontre pour livrer un message sans complaisance sur l'état de l'organisation continentale.
Un appel à plus de cohérence
Le Premier ministre a interpellé l'Union africaine sur sa capacité à incarner véritablement les valeurs qui lui donnent son nom. « On se bat pour exister et, pendant ce temps, à l'Union africaine, on est encore trop souvent dans des discours de principe », a-t-il rappelé.
Il a également plaidé pour que la situation sécuritaire au Sahel soit qualifiée avec plus de justesse : « Il faut avoir le courage de nommer les choses par leur nom. Ce que nous vivons au Sahel dépasse le simple terrorisme, c'est une tentative de recolonisation. »
Le Chef du gouvernement a aussi évoqué la perception qu'ont les pays du Sahel d'être présentés de façon défavorable dans certains récits internationaux : « Nous avons le sentiment d'être victimes d'un narratif négatif entretenu par les soutiens du terrorisme, et nous souhaitons que l'Union africaine s'en démarque plus clairement. » Il a rappelé, à ce titre, que la libre circulation des Africains sur leur propre continent reste, aujourd'hui encore, un idéal à concrétiser.
Le Premier ministre a insisté sur un enjeu structurel : la dépendance financière de l'UA vis-à-vis de partenaires extérieurs. Selon lui, cette dépendance limite la capacité de l'organisation à agir en toute autonomie, rappelant que « la main qui reçoit reste souvent en dessous de celle qui donne. Aucun partenaire ne nous financera par pure générosité. » Il a appelé l'UA à accélérer sa marche vers l'autonomie financière, condition selon lui d'une souveraineté africaine pleinement assumée.
Un appel à l'introspection
Jean Emmanuel Ouédraogo a par ailleurs invité l'institution à un temps de réflexion. « Prenez le temps d'interroger la jeunesse africaine, pour savoir si les actions actuelles de l'Union africaine répondent réellement aux défis du continent », a-t-il conseillé. Un appel à revisiter le fonctionnement, la gouvernance et la proximité de l'organisation avec les peuples qu'elle représente.
Addis-Abeba réaffirme sa solidarité
En réponse, Mahamoud Ali Youssouf a salué la position du Burkina Faso, pays fondateur de l'OUA puis de l'UA, et réaffirmé son rôle incontournable sur le continent. Il a assuré de la pleine solidarité de l'organisation dans la lutte contre le terrorisme, assurant que « le Burkina Faso n'est pas seul face à ces défis et ne doit pas se sentir seul. L'Afrique est à ses côtés. »
Un échange direct qui pourrait ouvrir la voie à un dialogue renouvelé entre Ouagadougou et Addis-Abeba.
i-sahel




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