Le Mali renoue avec l'Algérie : retour de l'ambassadeur et réouverture de l'espace aérien
- Infos du Sahel

- 10 juil.
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Le Gouvernement de la Transition malienne a annoncé, dans un communiqué signé le 10 juillet 2026 à Bamako, la reprise de ses relations diplomatiques et aériennes avec l'Algérie, dans un geste présenté comme une « redynamisation des relations de coopération et d'amitié » entre les deux pays.
Selon le communiqué signé par le général Issa Ousmane Coulibaly, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation et porte-parole du Gouvernement, deux mesures ont été décidées. La première concerne le retour à Alger de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali, jusque-là accrédité auprès de la République algérienne démocratique et populaire. La seconde porte sur la réouverture de l'espace aérien malien à l'ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des liaisons en provenance ou à destination de l'Algérie.
Cette annonce marque une étape majeure dans l'apaisement d'un différend qui empoisonnait les relations entre Bamako et Alger depuis plusieurs mois. La crise avait éclaté fin décembre 2024-début janvier 2025, lorsque l'armée algérienne avait abattu un drone militaire malien près de la frontière commune, dans la région de Tinzaouaten. Bamako avait alors dénoncé un « acte d'agression », tandis qu'Alger avait justifié son geste par une violation présumée de son espace aérien. L'incident avait conduit au rappel réciproque des ambassadeurs et à la fermeture mutuelle de l'espace aérien, sur fond de défiance plus ancienne liée aux accusations maliennes de soutien algérien aux mouvements armés du nord, et à la dénonciation par Bamako, en janvier 2024, de l'Accord d'Alger dont l'Algérie était garante.
Ce geste de normalisation intervient à un moment charnière pour le dispositif sécuritaire malien dans le nord du pays. La coalition FAMa-Africa Corps vient tout juste de mettre en échec, à Anéfis, une offensive lancée le 4 juillet par le Front de libération de l'Azawad, qui visait à s'emparer de ce verrou logistique de l'axe Gao-Kidal-Tessalit — trois mois seulement après la reprise de Kidal par la coalition FLA-JNIM en avril. Le 10 juillet, jour même de la publication du communiqué sur l'Algérie, le FLA a reconnu que cet objectif n'avait pas été atteint « au cours de cette phase des opérations », tandis que Bamako mettait en avant la résistance de la garnison assiégée, la reconquête du centre-ville engagée dès le 8 juillet et l'acheminement réussi d'un convoi de ravitaillement, avec l'appui revendiqué du GATIA et du MSA.
La coïncidence de calendrier entre ce revers infligé aux groupes armés dans la région de Kidal et la reprise des relations avec Alger n'est sans doute pas fortuite : elle traduit la volonté des autorités de la Transition de consolider leur position dans le nord du pays tout en desserrant l'isolement diplomatique régional, dans un contexte marqué par le retrait du Mali de la CEDEAO et la structuration de l'Alliance des États du Sahel. Reste que le répit obtenu à Anéfis demeure, selon les termes mêmes des observateurs, un revers tactique pour le FLA plutôt qu'un basculement durable du rapport de force — une prudence qui pourrait aussi s'appliquer à la portée de ce réchauffement avec Alger, dont la solidité à moyen terme reste à confirmer.




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